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VASCULARITES
SYSTEMIQUES PRIMITIVES JUVENILES
Qu’est-ce
que c’est ?
Le mot vascularite signifie : inflammation des vaisseaux sanguins.
Les vascularites regroupent différentes maladies. Dans
les vascularites primitives, le vaisseau sanguin est la cible
principale de la maladie. La classification des vascularites est
basée principalement sur la taille des vaisseaux sanguins
impliqués, du type de lésion retrouvé et
sur la présentation clinique.
Cela
est-il fréquent ?
Certaines de ces vascularites primitives sont des maladies pédiatriques
relativement fréquentes (ex : le purpura prupura rhumatoïde
appelé aussi maladie d’Henoch-Schönlein ou la
maladie de Kawasaki) alors que les maladies décrites ci-dessous
sont rares et leur fréquence exacte est inconnue.
Quelles
sont les causes de ces maladies ? Sont-elles héréditaires
? Contagieuses ? Peut-on prévenir leur survenue ?
La majorité des patients affectés sont des cas isolés
au sein de leur famille et il est exceptionnel que des frères
et sœurs présentent la même maladie. Il est
probable que l’origine de la maladie soit pluri-factorielle
impliquant de façon variable des facteurs génétiques,
infectieux et environnementaux. Ces maladies ne sont pas contagieuses
et leur survenue ne peut pas être prévenue.
Que
se passe-t-il dans le vaisseau sanguin en cas de vascularite ?
La paroi du vaisseau sanguin est attaquée par le système
inflammatoire et auto-immun. C'est la partie interne de la paroi
qui joue un rôle important. Dans des conditions normales,
elle permet un écoulement fluide du sang. Si la paroi vasculaire
est abîmée ou inflammatoire, des caillots de sang
peuvent se former à l’intérieur des vaisseaux,
causant son rétrécissement ou son occlusion.
Les cellules inflammatoires qui circulent dans le sang, traversent
la paroi du vaisseau, endommageant le vaisseau ainsi que le tissu
avoisinant. La paroi, elle-même, devient plus perméable,
permettant des fuites de liquide au sein des tissus avoisinants
à l’origine d’un gonflement des tissus (œdème).
Les
modifications visibles, au sein des tissus biopsiés, sont
la présence d’inflammation dans la paroi du vaisseau
et des signes de sa destruction à des degrés variables.
Il en résulte des anomalies de la forme des vaisseaux détectables
par l’angiographie (examen radiologique qui nous permet
d’opacifier et de voir les vaisseaux sanguins).
Des rétrécissements ou des obturations de vaisseaux,
et parfois des ruptures vasculaires avec saignement, peuvent endommager
les tissus. L’atteinte des vaisseaux d’un organe vital
comme le cerveau ou le cœur peut avoir des conséquences
graves.
La vascularite généralisée (systémique)
s’accompagne habituellement d’une circulation massive
de molécules inflammatoires, à l’origine de
signes généraux tels que la fièvre, le mauvais
état général, mais également d'une
inflammation dans le sang détectée par les analyses
(vitesse de sédimentation, protéine réactive
C).
Quels
sont les signes principaux ?
Les signes de la maladie varient selon le type de vaisseaux impliqués
et la sévérité de l’organe atteint.
Ils sont décrits plus précisément pour 3
maladies différentes : la péri-artérite noueuse
(ou pan-artérite noueuse ou poly-artérite noueuse),
l’artérite de Takayasu et la granulomatose de Wegener.
Comment
faire le diagnostic ?
Le diagnostic de vascularite est rarement porté d’emblée.
Les signes peuvent ressembler à d’autres maladies
pédiatriques plus communes. Le diagnostic est basé
sur la présence de signes cliniques associés à
des anomalies du bilan biologique, sanguin, urinaire et radiographique
(échographie, radiographie, scanner, IRM et angiographie)
et parfois confirmé par les résultats de biopsie
tissulaire. En raison de la rareté de ces maladies, il
est souvent nécessaire de transférer l’enfant
vers un centre plus spécialisé de Pédiatrie
ou de Rhumato-Pédiatrie proche d’un service de Radiologie
adapté et performant.
Cela
peut-il se traiter ?
Oui, une vascularite peut se traiter. Chez la majorité
des patients traités de manière adaptée,
le contrôle de la maladie (rémission) peut être
obtenu.
Quels
sont les traitements ?
Le traitement d’une vascularite est prolongé et complexe.
Le principal objectif est de contrôler la maladie le plus
tôt possible (traitement d’induction) et de maintenir
ce contrôle à long terme (traitement d’entretien)
en évitant les effets secondaires et inutiles des médicaments.
Les cortico-stéroïdes ont montré leur efficacité
en combinaison avec les médicaments immuno-suppresseurs
(cyclophosphamide). Les médicaments, utilisés habituellement
pour le traitement d’entretien, comprennent l’azathioprine,
le methotrexate et la ciclosporine A associée à
une petite dose de corticoïdes. D’autres médicaments
ont été employés pour supprimer le système
immunitaire activé et combattre l’inflammation. Ils
sont discutés au cas par cas, habituellement quand les
médicaments, utilisés communément, ont échoué.
Ils comprennent, par exemple, les agents biologiques (médicaments
anti-TNF), la colchicine et le thalidomide. L’ostéoporose
secondaire à la corticothérapie prolongée
peut être prévenue par un apport suffisant en calcium
et en vitamine D. Les médicaments, qui fluidifient le sang,
peuvent être prescrits (aspirine à faible dose) et,
en cas d’hypertension, des anti-hypertenseurs.
Une kinésithérapie peut être nécessaire
pour améliorer la fonction musculo-squelettique. Un soutien
psychologique et des aides sociales, pour le patient et sa famille,
peuvent être nécessaires.
La
surveillance
L’objectif principal du contrôle régulier est
d’évaluer l’activité de la maladie,
l’efficacité des traitements et de détecter
leurs effets indésirables possibles, afin d’obtenir
un meilleur résultat pour le patient. La fréquence
et les modalités de surveillance dépendent de la
maladie en cause, de sa sévérité ainsi que
des médicaments administrés. A la phase initiale
de la maladie, les contrôles seront fréquents, puis
adaptés selon l’évolution, et espacés
quand la maladie est contrôlée.
Il y a plusieurs manières d’évaluer l’activité
de la vascularite. Il vous sera demandé de signaler tout
changement survenu chez votre enfant et parfois de surveiller
sa tension artérielle ou d’effectuer des bandelettes
urinaires. C’est l’examen clinique détaillé
associé à l’analyse des doléances concernant
votre enfant qui va permettre en partie l’évaluation
de l’activité de la maladie. Des analyses de sang
et d’urines sont effectuées pour détecter
des signes inflammatoires, des changements dans le fonctionnement
d’un organe ou des effets indésirables médicamenteux
possibles. En cas d’atteinte d‘un organe particulier,
des investigations plus spécifiques et adaptées
sont effectuées faisant intervenir les spécialistes
concernés.
Combien
de temps la maladie va-t-elle durer ?
La durée des vascularites primitives est longue, pouvant
se prolonger toute une vie. Elles peuvent débuter sur un
mode très aigu, souvent sévère, pouvant mettre
la vie en jeu, puis évoluer de manière plus chronique.
Quelle
est l’évolution à long terme de la maladie
(pronostic) ?
Le pronostic des vascularites primitives est variable. Il dépend
non seulement du type et de l’importance de l’atteinte
vasculaire mais également du délai entre le début
de la maladie et celui du traitement ainsi que de la réponse
au traitement. Le risque d’altération d’un
organe est lié à la durée de la maladie active.
Les dommages, affectant les organes vitaux, peuvent avoir des
conséquences toute une vie. Avec un traitement approprié,
la rémission clinique est obtenue dans la première
année. La rémission peut durer toute une vie mais,
le plus souvent, des traitements d’entretien à long
terme sont nécessaires. Des périodes de rémission
de la maladie peuvent être interrompues par des rechutes,
nécessitant alors un traitement plus intensif. Une maladie
non traitée est à risque de mortalité plus
élevée. En raison de la rareté de ces maladies,
les données exactes sur l’évolution à
long terme et la mortalité sont inconnues.
Comment
la maladie peut-elle affecter l’enfant et sa famille dans
la vie quotidienne ?
La phase initiale, correspondant au mauvais état général
de l’enfant et à un diagnostic non fait, est généralement
vécue comme inquiétante pour l’ensemble de
la famille.
La compréhension de la maladie et de son traitement aide
le parent et l’enfant à faire face d'une part, aux
différentes étapes diagnostiques et thérapeutiques
souvent désagréables, et d'autre part, aux fréquentes
visites à l’Hôpital. Une fois que la maladie
est sous contrôle, la vie quotidienne est généralement,
à nouveau, normale.
Que
dire de l’école ?
Quand la maladie est raisonnablement contrôlée, les
patients sont encouragés à retourner à l’école
selon leurs capacités. Il est important d’informer
l’équipe enseignante de l’état de santé
de l’enfant, pour qu'il soit pris en considération.
Qu’en
est-il du sport ?
Les enfants sont encouragés à pratiquer les activités
sportives dès que la maladie est en rémission. Des
recommandations et adaptations peuvent être apportées
en cas de déficience d’un organe, notamment en cas
d’atteinte musculaire ou articulaire.
Qu’en
est-il de l’alimentation ?
Il n’y a pas de preuves qu’un régime particulier
puisse influencer l’évolution et le devenir de la
maladie. Une alimentation équilibrée avec une quantité
suffisante de protéines, de calcium et de vitamines est
recommandée. Toutefois, sous traitement cortisonique, il
est recommandé de limiter les apports en sucre, en graisse
et en sel, afin de minimiser les effets secondaires des corticoïdes.
Le
climat peut-il influencer le cours de la maladie ?
Le climat n’est pas connu pour influencer le cours de ces
maladies. En cas de troubles circulatoires des doigts et des orteils,
dus à la vascularite, l’exposition au froid peut
aggraver la maladie.
Qu’en
est-il des infections et des vaccinations ?
Certaines infections peuvent être graves en cas de traitement
immuno-suppresseur. En cas de contact avec la varicelle ou un
zona, il est nécessaire de contacter votre médecin
immédiatement afin de recevoir le traitement anti-viral
adapté (médicament et/ou immunoglobulines). Le risque
d’infections ordinaires pourrait être légèrement
plus élevé chez les enfants traités. Ils
peuvent développer des infections inhabituelles, par des
agents microbiens n’affectant pas généralement
des individus ayant un système immunitaire pleinement fonctionnel.
Des antibiotiques (co-trimoxazol) sont parfois administrés,
à long terme, pour prévenir une infection respiratoire
par le germe appelé "pneumocystis", complication
pouvant mettre en danger la vie des patients immuno-déprimés.
La
réalisation de vaccins vivants (contre oreillons, rougeole,
rubéole, poliomyélite, tuberculose) devrait être
repoussée chez des patients recevant des traitements immuno-suppresseurs.
Qu’en
est-il de la vie sexuelle, la grossesse, la contraception ?
Chez des adolescentes en âge d'avoir des relations sexuelles,
la contraception est importante car la majorité des médicaments
utilisés peuvent entraîner des anomalies dans le
développement du bébé. Certains médicaments
(surtout cyclophosphamide) pourraient affecter la capacité
d’avoir un enfant (fertilité). Ceci dépend
principalement de la dose totale (dose cumulée) du médicament
reçue pendant la période de traitement et ceci survient
moins fréquemment quand le médicament est administré
chez les enfants ou les adolescents.
PERI-ARTERITE
NOUEUSE
( ou pan-artérite noueuse ou poly-artérite noueuse)
Qu’est-ce
que c’est ?
La péri-artérite noueuse (PAN) est une vascularite
avec destruction de la paroi des vaisseaux sanguins, touchant
les artères de petits et moyens diamètres. La paroi
des vaisseaux de plusieurs artères (poly-artérite)
est atteinte en différents endroits. Les zones inflammatoires
de la paroi de l'artère deviennent des points de faiblesse
et sous la pression du sang circulant, de petites cavités
nodulaires appelées anévrysmes se forment le long
de l’artère. C’est pourquoi, on l’appelle
« noueuse ». La PAN cutanée affecte principalement
la peau, sans toucher les organes plus internes. La PAN microscopique
est une forme de la maladie qui touche des vaisseaux de plus petite
taille.
Cela
est-il fréquent ?
La PAN est très rare chez l’enfant. Le nombre de
nouveaux cas par an est de 1 pour 1 000 000 Elle atteint autant
les filles que les garçons et survient plus souvent autour
de 9 – 11 ans. Comme chez l’adulte, la PAN peut être
associée à une infection par le virus de l’hépatite
B mais ceci est plus rare.
Quels
sont les signes principaux ?
Comme tous les tissus et organes du corps contiennent des vaisseaux
sanguins, les signes liés à la maladie sont variés.
Toutefois, certains tissus et organes semblent plus souvent atteints
que d’autres. Les signes les plus habituels sont :
1)une fièvre prolongée
2)des douleurs musculaires et articulaires
3)des douleurs abdominales
4)des lésions de la peau, rouges, douloureuses et granuleuses,
ou des signes cutanés comportant un aspect marbré
et violacé de la peau (livedo reticularis)
5)des douleurs testiculaires chez les garçons.
Les lésions cutanées de vascularite peuvent être
présentes, surtout dans la PAN cutanée. L’atteinte
des artères périphériques irriguant les doigts,
les orteils, les oreilles et le nez peut être à l’origine
d’une souffrance des tissus avec risque de nécrose
des extrémités. L’enfant peut apparaître
un peu fatigué ou léthargique avec une certaine
perte de poids et une fièvre persistante, ou bien l’état
général peut se dégrader plus rapidement
avec des douleurs importantes, des lésions cutanées
graves, une somnolence ou des troubles de la conscience. Comme
tous ces signes peuvent survenir dans d’autres maladies
de l’enfant, le diagnostic est établi en excluant
les autres possibilités, en particulier les infections.
L’atteinte du rein peut entraîner la présence
de sang et de protéines dans les urines et/ou augmenter
la pression artérielle (hypertension). Dans la PAN microscopique,
l’atteinte du rein est souvent associée à
celle des poumons. L’atteinte des artères irriguant
l’intestin est source de douleurs et de troubles digestifs
avec vomissements, et d'une mauvaise absorption des aliments.
Le système nerveux peut être touché à
un degré variable aussi bien que n’importe quel autre
organe. Les examens de laboratoire montrent une inflammation marquée
dans le sang et une anémie. Si la maladie est associée
avec une infection streptococcique, ceci peut être détecté
par un test sanguin.
Comment
faire le diagnostic ?
La PAN est diagnostiquée en excluant toutes les autres
causes possibles de fièvre chez l’enfant. Il est
nécessaire d’exclure les infections. Le diagnostic
est alors suspecté sur la persistance des signes cliniques
rapportés ci-dessus et la présence d’une inflammation
marquée dans le sang. Le diagnostic est confirmé
par l'observation à l’angiographie de zones rétrécies
et élargies (anévrysmes) dans les vaisseaux sanguins.
La présence d’une inflammation des vaisseaux sur
la biopsie de peau ou de rein peut aussi confirmer le diagnostic.
MALADIE
DE TAKAYASU
Qu’est-ce que c’est ?
L’artérite de Takayasu (TA) atteint principalement
les larges artères, surtout l’aorte et ses branches
ainsi que les grosses artères des poumons. Quelquefois,
le terme de vascularite granulomateuse ou à cellules larges
est utilisé pour décrire la principale caractéristique
microscopique du petit nodule formé autour de cellules
larges d’un type particulier, au niveau de la paroi de l'artère.
Cela
est-il fréquent ?
Bien que la maladie de Takayasu soit considérée
dans le monde entier comme la 3ème vascularite systémique
la plus fréquente chez l’enfant après le purpura
d’Henoch-Schönlein et la maladie de Kawasaki, elle
est extrêmement rare dans la population blanche (caucasienne).
Elle atteint plus fréquemment les filles que les garçons.
Quels
sont les signes principaux ?
Les signes précoces de la maladie sont la fièvre,
la baisse de l’appétit, la perte de poids, des douleurs
musculaires et articulaires et des sueurs nocturnes. Les marqueurs
sanguins de l’inflammation sont augmentés. Quand
l’inflammation des artères progresse, il apparaît
des signes traduisant l’insuffisance d’irrigation
de certains tissus par le sang. L'absence de pouls au niveau d’un
membre, une tension artérielle différente entre
deux membres, un souffle à l’auscultation des artères
rétrécies et une vive douleur des extrémités
(claudication) en sont les principaux signes. Une tension artérielle
élevée peut être expliquée par un rétrécissement
des artères qui irriguent les reins. Une douleur thoracique
peut être due à l’atteinte des poumons.
Des signes neurologiques variés et des troubles oculaires
peuvent révéler une atteinte du cerveau.
Comment
faire le diagnostic ?
L’examen par ultrasons couplé au doppler est utile
pour mettre en évidence l'atteinte des troncs artériels
principaux, près du cœur, mais la technique peut être
en échec pour retrouver une atteinte artérielle
plus périphérique. L’évaluation de
l’ampleur de la maladie artérielle est réalisée
en visualisant les principales artères affectées,
par l’artériographie aortique et l’angiographie
pulmonaire.
LA GRANULOMATOSE DE WEGENER
Qu’est-ce que c’est ?
La granulomatose de Wegener (WG) est une vascularite systémique
chronique, affectant les vaisseaux sanguins de petits et moyens
diamètres, localisés au niveau des voies aériennes
supérieures (le nez et les sinus), des voies aériennes
basses (les poumons) et des reins. Le terme de « granulomatose
» est lié à l’aspect au microscope des
lésions inflammatoires qui forment de petits nodules à
l’intérieur et autour des vaisseaux.
Cela
est-il fréquent ? Est-ce que la maladie est différente
chez l’enfant et l’adulte ?
La maladie de Wegener est une maladie rare, particulièrement
dans l’enfance. Une estimation du nombre de nouveaux patients
en une année pourrait être autour de 1 à 2
par million d’enfants. Plus de 97 % des cas rapportés
surviennent dans la population blanche (caucasienne). Chez l’enfant,
la maladie affecte autant les filles que les garçons alors
que chez l’adulte, les hommes plus âgés sont
atteints un peu plus fréquemment que les femmes.
Quels
sont les signes principaux ?
Chez la plupart des patients, la maladie débute par une
congestion des sinus qui ne sera pas améliorée par
un traitement antibiotique et décongestionnant. La cloison
nasale se couvre de croûtes, saigne et est ulcérée,
ce qui est l’origine de la déformation du nez "en
selle".
L’inflammation des voies aériennes en dessous de
la glotte peut causer un rétrécissement de la trachée,
donnant une voix rauque et des troubles respiratoires. La présence
de nodules inflammatoires dans les poumons peut se manifester
comme une pneumonie avec des difficultés respiratoires,
une toux et des douleurs thoraciques.
L’atteinte du rein est rare au début de la maladie
et survient plus souvent secondairement pendant la progression
de la maladie. Le tissu inflammatoire peut se localiser en arrière
des yeux, les poussant alors en avant (exophtalmie), et au niveau
de l’oreille moyenne. Les signes généraux
tels que perte de poids, fatigue croissante, fièvre et
sueurs nocturnes, sont habituels ainsi que des signes de vascularite
cutanée, des douleurs articulaires et des arthrites.
Tous les patients ne présentent pas l’ensemble des
signes précédemment décrits. La maladie peut
se limiter à l’atteinte des orbites et à la
région respiratoire, sans participation du rein.
Comment
cela est-il diagnostiqué ?
Le diagnostic de maladie de Wegener est fortement suspecté
en présence de signes d’atteinte des voies aériennes
supérieures, associées à un dysfonctionnement
des reins mis en évidence par la présence de sang
et de protéines dans les urines, et par l’augmentation
dans le sang du taux de certaines substances comme la créatinine
et l’urée, insuffisamment éliminées
par les reins.
Dans les analyses sanguines, les marqueurs de l'inflammation sont
augmentés (vitesse de sédimentation, protéine
C réactive) et, dans la majorité des cas, un anticorps
appelé ANCA (anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires
neutrophiles) est présent.
AUTRES
VASCULARITES ET PATHOLOGIES SIMILAIRES
1)Les
vascularites cutanées leucocytoclasiques (également
appelées vascularite allergique ou d’hypersensibilité)
correspondent habituellement à l’inflammation des
vaisseaux sanguins provoqués par la réaction inadéquate
à une source de sensibilisation. Les médicaments
et les infections sont des éléments déclenchants
fréquents de cette réaction chez les enfants. L’atteinte
concerne les petits vaisseaux et présente un aspect microscopique
spécifique dans la biopsie de peau.
2)La vascularite urticarienne hypocomplémentémique
est caractérisée par une éruption diffuse
avec démangeaisons ressemblant à une urticaire mais
qui ne disparaît pas aussi rapidement qu’une réaction
cutanée allergique habituelle. Les analyses de sang montrent
une diminution du taux du complément.
3)Le syndrome de Churg-Strauss (granulomatose allergique) est
une vascularite très rare chez l’enfant. Aux signes
divers et variés de vascularite au niveau de la peau et
des organes internes, s’associent un asthme et un nombre
augmenté de certaines cellules sanguines circulantes appelées
globules blancs éosinophiles.
4)L’angéite primitive du système nerveux central
correspond à l’atteinte isolée d’artères
de petits et moyens diamètres au niveau du cerveau. Les
signes neurologiques principaux sont des crises d'épilepsie
et des attaques (accident vasculaire cérébral).
5)Le syndrome de Cogan est une maladie rare, caractérisée
par l’atteinte des yeux et des oreilles avec photophobie,
vertiges et perte de l’audition. Des signes non spécifiques
de vascularite peuvent être présents.

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