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LES
TRAITEMENTS MEDICAMENTEUX
En France, en raison de directives tendant à réduire
les coûts des traitements médicamenteux, il est possible
que votre pharmacien vous propose certains des médicaments
présentés ci dessous en formulation générique.
Ces médicaments sous forme générique ont
le même effet que les autres présentations.
A-
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
Ce
sont des médicaments symptomatiques anti-inflammatoires
(contre l’inflammation), antalgiques (contre la douleur),
antipyrétiques (contre la fièvre). Ils sont anti-inflammatoires,
comme les corticostéroïdes, mais ils ont des effets
secondaires différents, souvent moins graves. C’est
pourquoi ils sont appelés « non stéroïdiens
». Symptomatique signifie qu’ils n’ont aucun
effet sur la maladie en elle-même, mais ils servent à
combattre les symptômes de l’inflammation.
Ils agissent surtout en bloquant une enzyme (la cyclo-oxygenase)
qui est importante dans la formation de substances qui peuvent
provoquer une inflammation. Ils inhibent aussi des substances
naturelles appelées « prostaglandines » qui
jouent aussi de nombreux rôles dans le corps comme la protection
de l’estomac, la régulation du débit sanguin
dans les reins…C’est à cause de ces effets
sur les constituants naturels du corps que des effets secondaires
peuvent apparaître.
1-
Plusieurs catégories d’AINS sont disponibles. Le
Naproxène (Apranax®, Naprosyne®…), l’Ibuprofène
(Advil®, Nureflex®…), diclofénac (Voltarène®…)
(liste non exhaustive) sont largement utilisés en pédiatrie…
L’aspirine, au contraire, bien que bon marché et
efficace, et plus facile à utiliser en pédiatrie,
est moins utilisée de nos jours à cause de ses effets
secondaires plus importants.
Récemment, une nouvelle catégorie d’AINS (inhibiteurs
des COX2) a été mise sur le marché. Ces médicaments
semblent avoir moins d’effets secondaires sur le plan gastrique
que les autres AINS, tout en ayant le même effet thérapeutique.
Les inhibiteurs des COX2 (le Meloxicam Mobic®, le Célécoxib
(Celebrex®)… ) sont beaucoup plus chers que les autres
AINS et le débat quant à leur relative sûreté
et efficacité par rapport aux AINS traditionnels reste
ouvert. Les expériences menées sur les effets de
ces médicaments chez l’enfant sont très limitées.
En France, seulement quelques AINS ont une AMM (Autorisation de
Mise sur le Marché) en pédiatrie. L’association
de plusieurs AINS n’est pas recommandée. D’un
enfant à l’autre, la réponse aux AINS est
différente; par conséquent, un AINS peut être
efficace là où un autre n’aura eu aucun effet.
2-
Les effets secondaires :
a- Les troubles du tube digestif sont l’effet secondaire
le plus courant, provoquant parfois des lésions de la paroi
de l’estomac. Les symptômes vont de légers
troubles digestifs après l’absorption du médicament
jusqu’à de fortes douleurs abdominales et des saignements,
qui peuvent apparaître sous forme de selles noires et molles.
La toxicité des AINS au niveau gastro-intestinal chez l’enfant
est peu documentée mais celle-ci est en général
bien moins importante que celle observée chez l’adulte.
Dans tous les cas, les AINS doivent être pris avec des aliments.
b- Les effets secondaires sur le foie peuvent provoquer une augmentation
des enzymes hépatiques, mais cela généralement
reste banal sauf dans le cas de l’aspirine.
c- Les problèmes rénaux sont rares et n’apparaissent
que chez les enfants qui souffrent déjà de maladies
rénales.
d- Les AINS peuvent avoir une incidence sur la coagulation sanguine
mais cela n'est cliniquement pas très important, excepté
chez les enfants qui ont déjà des problèmes
de coagulation. C’est pourquoi les enfants peuvent avoir
plus facilement des « bleus » lorsqu’ils jouent.
L’aspirine est le médicament qui provoque le plus
de problèmes sur la coagulation; cet effet est exploité
dans le traitement de maladies dans lesquelles il y a un risque
accru de thrombose (formation de caillots de sang dans les vaisseaux)
. Dans ce cas précis, l’aspirine à petite
dose est le médicament approprié.
B- Les corticostéroïdes
Les
corticostéroïdes naturels font partie d’une
grande famille de substances chimiques (hormones) fabriquées
normalement par le corps humain dont l’exemple est la cortisone
sécrétée par les glandes surrénales.
Des substances semblables ou très similaires peuvent être
fabriquées de façon synthétique et utilisées
à doses beaucoup plus élevées dans le traitement
de diverses maladies. Leur effet est surtout anti-inflammatoire.
Ils sont beaucoup plus puissants que les AINS, et ils ont plus
d’effets secondaires.
Le
véritable nom des stéroïdes utilisés
pour traiter des états inflammatoires est glucocorticostéroides
ou plus simplement corticostéroïdes (CS). Les CS sont
des médicaments très puissants, agissant rapidement
et qui suppriment l’inflammation en interférant avec
des réactions immunitaires et inflammatoires de façon
assez complexe. Ils sont souvent utilisés pour arriver
à une amélioration clinique rapide de l'état
des patients, si les AINS sont insuffisants ou mal tolérés,
ou avant que d’autres traitements utilisés en association
avec les CS commencent à faire effet. En plus de leurs
effets immunosuppressifs et anti-inflammatoires, ils sont également
impliqués dans beaucoup d’autres réactions
de notre corps. Par exemple, ils agissent sur le métabolisme
des lipides et des glucides, sur les fonctions cardiovasculaires
notamment sur la tension artérielle, dans les réactions
au stress, etc. Des effets secondaires importants sont observés
lorsque le traitement est de longue durée. En mettant en
parallèle le bénéfice et le risque d’effets
secondaires lors d’une utilisation prolongée rend
indispensable que le suivi soit assuré par un médecin
connaissant bien les CS afin de minimiser les effets secondaires
de ces médicaments.
1- Dosages / modes d’administration :
Les CS sont utilisés par voie générale (par
comprimés ou par injection intraveineuse) ou localement
(par injection dans une articulation, par des collyres dans les
yeux, par application locale sur la peau…). Le dosage et
le mode d’administration dépendent de la maladie
à traiter ainsi que de la gravité de l’état
du patient. Des doses plus fortes, et notamment lorsqu’elles
sont administrées par injection intraveineuses, sont très
efficaces et agissent rapidement.
a-
Les comprimés sont disponibles en différents dosages.
Les deux plus fréquemment administrés en France
sont la prednisone, Cortancyl® le plus souvent (comprimés
à 1, 5 et 20 mg) ou la prednisolone comprimés solubles
(Solupred®) ou la bétaméthasone sous forme de
gouttes : Célestène®.
Il est le plus souvent recommandé de donner une dose unique
le matin. Mais dans certains cas, une dose unique ne permet pas
de couvrir les 24 heures, car la douleur ou la fièvre peuvent
réapparaître en fin de journée, et il est
préférable alors de diviser la dose en une prise
le matin et une prise le soir. Dans d’autres cas, il est
possible de donner les CS en une prise tous les 2 jours, ce qui
entraîne moins d’effets secondaires, en particulier
sur la croissance. Mais seul votre médecin vous indiquera
si cela est possible et comment donner les CS de cette manière.
Donner trop brutalement les CS un jour sur deux risque d’entraîner
une rechute de certaines maladies auto-immunes, ou d’être
très mal toléré.
b-
Lors de poussées importantes de la maladie, des injections
intraveineuses de méthylprednisolone (Solumedrol®)
à haute dose, quotidiennes pendant plusieurs jours, ou
régulièrement espacées peuvent être
faites. C’est ce que l’on appelle « bolus »
ou « assaut » ou « shot » de methylprednisolone.
L’effet immédiat est presque toujours positif, mais
de courte durée.
c-
L'injection de CS à effet retard dans les articulations
inflammatoires est le traitement de choix de l’arthrite,
surtout dans les formes limitées (oligoarticulaires). Le
seul produit vraiment efficace est l’hexacétonide
de triamcinolone (Hexatrione®). Il existe d’autres CS
à usage intraarticulaire, mais dont l’efficacité
est nettement inférieure. En France,l’injection se
fait sous analgésie, c’est-à-dire après
avoir appliqué pendant environ une heure de la pommade
EMLA, et en faisant respirer à l’enfant un gaz analgésiant
: Entonox. Cette injection dans ces conditions est faite en hôpital
de jour pour des questions de sécurité. Chez le
tout petit enfant, les injections se font sous anesthésie
générale. Il est recommandé de maintenir
l’articulation injectée au repos pendant 3 jours
dans une attelle. Malheureusement, en 2003, la firme fabriquant
l’Hexatrione® a changé, et il y a au moment où
ce texte est rédigé une rupture de stock, qui ne
devrait pas trop s’éterniser…La durée
d’efficacité est le plus souvent de plusieurs mois,
parfois plus longtemps après une seule injection. Les injections
peuvent être répétées à condition
qu’elles soient espacées de plusieurs mois. Ce traitement
est relativement facile pour les grosses articulations, il est
plus délicat dans les articulations serrées ou de
faible volume, et ce geste doit être fait par des médecins
habitués à traiter les petites articulations des
enfants. Après l’injection, il peut y avoir une atrophie
cutanée au point de piqûre qui est surtout disgracieuse
et qui régresse avec le temps. Une ou plusieurs articulations
peuvent être traitées en une seule séance.
2-
Effets secondaires des CS
Il
y a de nombreux effets secondaires avec les CS par vois générale.
Tout
d’abord, ils ne doivent pas être arrêtés
d’un seul coup s’ils sont donnés pour plus
d’un mois. En effet, ils ralentissent et même suppriment
la production des hormones naturelles produites par le corps,
et le manque brutal de ces hormones peut avoir des conséquences
très graves: chute de la tension artérielle, malaise
important…
Au
cours de traitements prolongés par les CS, certains effets
secondaires sont particulièrement sérieux chez l’enfant.
Ils sont un peu moindres lorsque leur administration peut être
faite un jour sur deux, ce qui est souvent difficile, et même
contre indiqué dans certaines maladies comme le lupus et
la dermatomyosite.
a-
Le premier problème est une augmentation de l’appétit,
difficile à contrôler. Il s’ensuit une prise
de poids, et malheureusement souvent l’apparition de vergetures
qui seront définitives. Cette complication peut être
en grande partie évitée par un régime draconien
qu’il faut commencer dès le premier jour. Un régime
pauvre en sucres lents (pommes de terre, pâtes, riz, gâteaux,
pain, céréales…), dépourvu de sucres
rapides (sucre, bonbons, chocolat…), pauvre en graisse,
mais riche en légumes verts, fruits, viande maigre, poisson…est
extrêmement important. La prise de poids est très
rapide, sa perte est très lente. Chez l’enfant, le
régime sans sel est secondaire. Ce n’est pas le sel
qui fait grossir, mais les sucres et les féculents. Il
est recommandé surtout de ne pas rajouter de sel aux aliments.
L’augmentation de l’appétit rend difficile
un tel régime, et il faut une adhésion sans faille
des parents et un contrôle régulier par un(e) diététitien(ne)
ou un(e) nutritionniste.
b-
Un retard et même un arrêt de la croissance est inéluctable
lorsque les CS sont donnés chaque jour, et à des
doses supérieures à 0,2 à 0,3 mg/kg. Si l’état
de l’enfant permet un traitement un jour sur 2, ce risque
est moindre. Lorsque la corticothérapie est donnée
pour quelques mois chez l’enfant jeune, ce retard peut être
rattrapé. C’est dans la période prépubertaire
que ce risque est le plus ennuyeux car le rattrapage est presque
impossible. Des études de l’efficacité de
l’hormone de croissance ont été réalisées
ces dernières années, laissant un espoir pour palier
en partie à ce problème.
c-
Les défenses contre les infections peuvent aussi être
touchées, et cela peut entraîner une augmentation
de la fréquence et de la gravité des infections.
La varicelle, surtout, peut avoir de sérieuses incidences
chez l'enfant qui a un système immunitaire déficient;
il est donc très important d'avertir immédiatement
votre médecin lorsque les premiers signes de cette maladie
apparaissent chez votre enfant ou lorsque vous vous rendez compte
qu'il/elle a été en contact avec une personne qui
avait cette maladie. Un traitement par antibiotique antiviral
(acliclovir, Zovirax®) peut être administré au
cas par cas.
d-
Certains effets secondaires qui pourraient passer inaperçus
peuvent être mis en évidence par une étroite
surveillance pendant le traitement. Il s'agit principalement d'une
décalcification qui entraîne une plus grande fragilité
des os qui risquent plus facilement de se fracturer (ostéoporose).
Parfois, cette ostéoporose se manifeste par des douleurs
importantes de la colonne vertébrale dues à la décalcification
des vertèbres. Cette complication est sérieuse car
elle nécessite que l’enfant soit immobilisé
dans un corset spécial fait sur mesure. L'ostéoporose
peut être diagnostiquée et suivie par une technique
appelée la densitométrie osseuse. Il semblerait
qu'un apport suffisant de calcium (à peu près 1000
mg/jour) et de vitamine D puisse freiner l'évolution de
l'ostéoporose de manière très significative.
Certains médecins proposent un traitement par des biphoshonates,
médications utilisées chez les femmes qui souffrent
d’ostéoporose lors de la ménopause. Des études
préliminaires qui demandent confirmation font espérer
que ce traitement puisse être intéressant dans l’ostéoporose
induites par les CS chez l’enfant.
5-
Au niveau des yeux, les CS peuvent provoquer la survenue d’une
cataracte. Elle est souvent peu gênante, mais doit être
surveillée au cours du traitement s’il est de longue
durée. Une augmentation de la pression intra oculaire (glaucome)
est une complication rare, mais sérieuse. Dans ce cas,
un régime pauvre en sel est nécessaire.
6-
Parfois, un diabète (augmentation du taux de glucose dans
le sang) peut survenir, surtout dans les familles où le
risque de diabète est connu.
7-
D’autres complications, plus ennuyeuses ou disgracieuses
que graves sont possibles : L'acné du visage peut être
soigné par un traitement cutané. Des problèmes
de sommeil et des troubles de l'humeur sont fréquents.
C-
Les traitements de fond et/ou traitements immunosuppresseurs
1-
Le méthotrexate (MTX)
Le
Méthotrexate (MTX) est un médicament qui est utilisé
chez l'enfant depuis de très nombreuses années pour
différentes pathologies, comme le cancer. Au départ,
il a été développé comme médicament
anti-cancéreux grâce à sa capacité
de ralentir la vitesse de division des cellules (la prolifération).
Ce résultat, cependant, n'apparaît qu'à hautes
doses.
Dans le cas des maladies rhumatismales, où il est administré
à faibles doses et de manière intermittente, l'effet
anti-inflammatoire du MTX fonctionne par le biais d'autres mécanismes.
Quand il est administré à des doses aussi faibles,
la majorité des effets secondaires, observés avec
des doses plus importantes, n'apparaissent pas ou sont faciles
à surveiller et à contrôler.
a-Le
MTX est disponible en comprimés de 2,5mg, ou en injection
(ampoules à 5, 25, et 50mg) . Il existe plusieurs «
marques » de méthotrexate. Il est possible, en France,
que votre pharmacien vous propose le produit générique,
moins cher et aussi efficace. Il est administré seulement
une fois par semaine et toujours le même jour de la semaine.
Le mode d'administration ainsi que le dosage est déterminé
par le médecin en fonction de l'état de chaque patient.
Il est préférable de prendre les comprimés
avant les repas avec un peu d'eau. Les injections peuvent être
faites en sous cutané, comme pour les injections d'insuline
chez les diabétiques, mais peuvent aussi se faire en intramusculaire
ou intraveineux. Les injections ont l'avantage d'être mieux
tolérées sur le plan digestif. Le traitement au
MTX est en général un traitement à long terme.
La plupart des médecins recommandent de continuer le traitement
pendant au moins 6 à 12 mois après que la maladie
soit sous contrôle ( rémission).
b-
La plupart des enfants traités par MTX ressentent peu d'effets
secondaires.
1) Le plus fréquent est l’apparition de nausées
et d’embarras gastrique. Ces effets secondaires peuvent
être évités en prenant le médicament
le soir. Une vitamine, l'acide folique, est souvent prescrite
pour empêcher l'apparition de ces effets secondaires. Mais
cette vitamine, qui est l’antidote du MTX, ne doit pas être
prise le même jour que le MTX afin de ne pas inhiber l’action
du MTX sur la maladie. Parfois le fait de prendre des médicaments
anti-nauséeux avant et après la prise orale de MTX
et/ou le fait de passer aux injections peut aider.
2) D’ autres effets secondaires plus rares peuvent survenir
comme des aphtes dans la bouche, exceptionnellement une éruption
sur la peau. De façon très exceptionnelle aussi,
une petite perte de cheveux peut apparaître, mais qui ne
se voit pas. Le peigne ramène plus de cheveux que d’habitude…
3) On a signalé aussi un petit risque de complications
pulmonaires. Elles sont beaucoup plus fréquentes chez l’adulte
que chez les enfants. Si votre enfant tousse, il faut rapidement
en parler à votre médecin. Il est de bonne règle
de faire une radiographie des poumons avant de commencer un traitement
par le MTX..
4) Bien que la fréquence des infections n'augmente pas
chez l'enfant traité par MTX, certaines infections pouvant
apparaître sous MTX doivent être traitées énergiquement
car elles peuvent évoluer de façon plus sévère
à cause du MTX.. Parmi celles-ci, la varicelle ou le zona.
Si votre enfant n'a pas eu la varicelle et qu'il est exposé
à cette maladie ou qu'il la contracte, vous devez immédiatement
prévenir votre médecin qui prescrira un traitement
par aciclovir (Zovirax®) par voie intraveineuse si nécessaire.
Si vous ne savez plus si votre enfant a eu la varicelle avant
le début du traitement par MTX , la recherche des anticorps
anti varicelle dans le sang à l’occasion d’une
prise de sang vous apportera la réponse.
5) Si votre enfant est un adolescent, d'autres éléments
importants sont à prendre en considération. Il s'agit
notamment de la consommation d'alcool qui doit absolument être
évitée car cela peut augmenter la toxicité
du MTX au niveau du foie. Chez une adolescente, il est indispensable
que votre médecin avertisse votre fille du risque éventuel
de problèmes sur un fœtus si elle tombe enceinte.
Il devra donc aborder ce problème avec elle en tête
à tête pour lui conseiller une contraception si elle
est sexuellement active. Le même problème doit être
abordé chez un jeune garçon, pour lui indiquer qu’il
peut exister un hypo ou azoospermie (une diminution ou une absence
de spermatozoïdes) pendant le temps du traitement. Il est
nécessaire d’aborder ces problèmes dès
l’adolescence, car souvent, surtout s’il est efficace,
le MTX sera utilisé pendant une durée qui peut se
prolonger à l’âge adulte.
6) Des analyses de sang doivent être régulièrement
effectuées chez un enfant qui reçoit du MTX . Elles
permettent de voir si le MTX améliore les signes inflammatoires
biologiques, comme la VS, ce qui confirme l’efficacité
du traitement, et surtout de voir si le MTX n’entraîne
pas des anomalies biologiques qui sont bien connues. Essentiellement
deux sortes d’anomalies biologiques peuvent survenir
a- Une diminutions de certains globules du sang, comme les leucocytes
ou les plaquettes, mais ce problème est très rare.
b- Une augmentation des transaminases hépatiques qui peut
exceptionnellement entraîner un réel problème
au niveau du foie. Grâce à cette surveillance régulière,
votre médecin pourra adapter les doses de MTX en les diminuant,
ou même en arrêtant quelque temps le traitement qui
pourrait être repris quand les transaminases sont redevenues
normales. Contrairement à l’adulte, il n’y
a pratiquement pas de risque de fibrose hépatique après
un traitement très prolongé car les enfants n’accumulent
pas d’autres risques de toxicité hépatique
comme la consommation d’alcool.
2-
La Cyclosporine
La cyclosporine A est un médicament immunosuppressif, utilisé
à l’origine pour empêcher le phénomène
de rejet chez les patients ayant subi des transplantations d’organes.
C’est un inhibiteur puissant d’un groupe de globules
blancs qui a un rôle fondamental dans la réaction
immunitaire.
Il peut être ingéré sous forme liquide ou
sous forme de comprimés (Néoral®).
Les effets secondaires sont relativement fréquents, particulièrement
à hautes doses, et peuvent limiter l’utilisation
du médicament. Ces effets secondaires peuvent apparaître
sous forme de lésions rénales, d’hypertension
artérielle, de lésions du foie, d’une dilatation
des gencives, d’une pilosité accrue sur tout le corps,
de nausées et de vomissements
Par conséquent, le traitement à la cylosporine exige
des contrôles cliniques et de laboratoire réguliers
pour évaluer les effets secondaires du médicament.
3-L'azathioprine
L'azathioprine (Imurel®) est un médicament qui diminue
l'immunité. Il fonctionne en interférant sur la
production d'ADN, un processus dont toutes les cellules ont besoin
pour se diviser. La diminution de la fonction immunitaire est
due à l'effet du médicament sur la croissance des
lymphocytes qui sont les principales cellules responsables des
défenses immunitaires. L'azathioprine est administré
par comprimés de 50 mg jusqu’à 5mg/kg/jour
par voie orale.
Il peut avoir certains effets secondaires qui nécessitent
une étroite surveillance.
a- sur le tube digestif : (aphtes, nausées, vomissements,
, douleurs épigastriques) sont peu fréquents.
b- Sur le du foie ou sur le rein rarement, chez des patients ayant
déjà une maladie hépatique ou rénale,
différente de la maladie pour laquelle le traitement est
prescrit..
c- Surtout, une diminution du nombre de globules blancs dans le
sang (leucopénie) peut arriver et est liée aux doses
administrées. Une diminution du nombre des plaquettes et
des globules rouges est plus rare.
d- Tout comme avec les autres agents immunosuppressifs, l’azathioprine
expose les patients à une augmentation des infections;
l'herpès en particulier.
La
prise d'azathioprine à long terme peut en théorie
provoquer une augmentation des risques de cancer mais jusqu'à
ce jour, ce lien de cause à effet n'a pas été
mis en évidence de manière probante.
Le
cyclophosphamide
Le cyclophosphamide (Endoxan®) est un puissant traitement
immunosuppressif qui diminue l'inflammation et réduit l’hyperactivité
du système immunitaire. Il agit en interférant sur
la synthèse de l'ADN, donc sur les cellules de l’organisme
qui se divisent rapidement comme les cellules du sang, les cellules
de la paroi digestive, les follicules pileux… Ce sont surtout
les lymphocytes qui sont la cible du cyclophosphamide; avec pour
conséquence une diminution de leur fonctionnement et de
leur nombre. Le cyclophosphamide a été introduit
initialement pour soigner différentes formes de cancer.
Le
cyclophosphamide (Endoxan®) est donné soit par voie
orale quotidienne par comprimés à 50mg, soit par
voie intraveineuse. En intraveineuse, d'importantes doses sont
souvent données ( « bolus »), à quatre
semaines d'intervalle. Ces perfusions intraveineuses sont effectuées
obligatoirement au cours d’une hospitalisation
Le
cyclophosphamide est un médicament très puissant
qui diminue beaucoup les défenses immunitaires et a de
nombreux effets secondaires qui exigent une étroite surveillance.
Il s'agit le plus fréquemment
1- de nausées et de vomissements.
2- d’une perte des cheveux qui peuvent devenir plus fins
mais c'est réversible.
3- d’une diminution importante du nombre de globules blancs
et de plaquettes dans le sang Dans ce cas, il est nécessaire
d'ajuster le traitement ou de l'interrompre momentanément.
Dans le cas des maladies rhumatismales, et s'il est donné
de façon intermittente (une injection intraveineuse/mois),
il entraîne moins d'effets secondaires que dans les cas
de cancer.
4- Il peut y avoir des atteintes au niveau de la vessie (sang
dans les urines) mais c'est beaucoup plus fréquent quand
le traitement est administré quotidiennement par voie orale
que dans le cas d'intraveineuses mensuelles. Afin d'éviter
ce problème, le patient doit boire très abondamment.
Avant une perfusion intraveineuse, il est effectué une
hyperhydratation intraveineuse.
5- Dans les traitements à long terme, il y a une augmentation
des risques de stérilité et de cancer; ces risques
sont dus à l'accumulation des doses prises par le patient
pendant des années.
6- Le cyclophosphamide diminue les défenses du système
immunitaire et de ce fait augmente les risques d'infection. Ces
risques sont particulièrement accrus si le cyclophosphamide
est associé à d'autres médicaments qui diminuent
les immunitaires comme c'est le cas avec de hautes doses de corticostéroïdes
ou d’autres immunosuppresseurs.
D-
Autres traitements
1-
L'hydroxychloroquine (Plaquenil®)
L'hydroxychloroquine
était utilisée au départ pour le traitement
du paludisme. Il a été montré que ce médicament
avait aussi une action sur différents mécanismes
liés à l'inflammation.
Le
comprimé (200mg) est à prendre une fois par jour
et est habituellement bien toléré. Il peut y avoir
une intolérance gastro-intestinale qui se manifeste par
des nausées mais cela ne présente aucun caractère
de gravité.
La
principale préoccupation est un risque de toxicité
pour les yeux. L'hydroxychloroquine s'accumule dans la rétine
et y reste très longtemps après l'arrêt du
traitement. C’est pourquoi il est indispensable de détecter
cette toxicité par la pratique régulière
d’un électrorétinogramme. Même si le
débat reste ouvert quant à la fréquence de
ces contrôles, il est absolument obligatoire de le faire.
Cet examen est un peu désagréable mais, s’il
existe un altération de cet examen, il faut absolument
arrêter le traitement et ce, définitivement . Si
ces précautions ne sont pas prises, il existe un certain
risque de perdre la vue. Avec les faibles doses données
actuellement, ce problème reste néanmoins très
rare.
2-
La Sulfasalazine (Salzopyrine®)
La
Sulfasalazine est une combinaison d'un médicament anti-bactérien
et anti-inflammatoire. Il a été utilisé,
il y a de nombreuses années (avant la 2ème guerre
mondiale !), alors que l'on croyait que l'arthrite rhumatoïde
de l'adulte était une maladie infectieuse. Malgré
le fait que les raisons pour lesquelles ce médicament était
initialement utilisé se soient révélées
fausses, la Sulfasalazine s'est montrée efficace dans certaines
formes d'arthrite ainsi que dans des maladies inflammatoires de
l’intestin (maladie de Crohn).
La
Sulfasalazine se prend par voie orale par comprimés à
500mg.
Les
effets secondaires peuvent se manifester par
a. des problèmes gastro-intestinaux (perte de l’appétit,
nausées, vomissement et diarrhée),
b. des allergies avec des éruptions,
c. sur le foie (taux élevé de transaminases),
d. diminution des globules dans le sang
e. diminution du taux des immunoglobulines.
Ce
médicament ne doit pas être donné à
des patients atteints de forme systémique d’AJI ou
de lupus car il peut provoquer une aggravation de la maladie.
3-
La Colchicine
La
Colchicine est connue depuis des siècles. Il s'agit d'un
dérivé qui provient de graines séchées
de colchicum; plante à fleurs qui appartient à la
famille des liliacées. La Colchicine agit sur les globules
blancs et diminue l'inflammation.
Elle
est donnée sous forme de comprimés à 1mg
(Colchicine®). Le Colchimax® contient, en plus de 1mg
de colchicine, des antalgiques à base d’opium.
Les
principaux esffets secondaires sont les suivants :
a- digestifs : diarrhée, nausées, vomissements,
crampes d’estomac. Dans ce cas, il faut diminuer les doses
en passant à un comprimé un jour sur 2. Lorsque
ces effets secondaire ont disparu, on peut essayer de reprendre
un rythme quotidien.
b- Une diminution du taux de globules blancs peut se voir, nécessitant
de faire une NFS régulièrement.
c- Plus rarement, une faiblesse musculaire (myopathie) peut être
observée chez les patients qui souffrent de maladie rénale
et/ou hépatique. Le patient se rétablit très
rapidement dès que le traitement est interrompu.
d- Un autre effet secondaire, assez rare, est celui qui s'attaque
aux nerfs périphériques (neuropathie); dans ces
rares cas, la guérison peut être plus lente.
e- Parfois, on peut noter des irritations cutanées et une
alopécie (petite perte de cheveux).
L'ingestion
de doses élevées de Colchicine peut entraîner
une très grave intoxication. Le traitement de ce type d'intoxication
nécessite une hospitalisation d’urgence et un traitement
médical. Habituellement, on observe une guérison
progressive mais l’ingestion de doses très élevées
peut être mortelle.. Les parents doivent impérativement
faire en sorte que ce médicament ne soit jamais à
portée des enfants.
L’indication
la plus courante de ce traitement est la Fièvre Méditerranéenne
Familiale, appelée en France aussi maladie périodique.
Ce traitement n’est absolument pas contre-indiqué
au cours d’une grossesse. S'il y a des facteurs de risque
supplémentaires, il y a lieu de procéder à
une amniocentèse vers le 3è ou 4è mois de
la grossesse (test effectué sur un échantillon du
liquide dans lequel baigne le bébé afin de rechercher
toute anomalie chromosomique).
E- Les traitements „biologiques“
On
appelle ainsi les traitements produits à partir de substances
naturelles comme la plasma, ou les nouvelles thérapeutiques
issues des nouvelles technologies biologiques.
1-
Les immunoglobulines intraveineuses
Le
terme immunoglobuline est un synonyme d’anticorps. Les immunoglobulines
intraveineuses (IgIV) sont préparées à partir
de larges quantités de plasma provenant de donneurs de
sang sains. Le plasma est le composant liquide du sang humain,
dans lequel circulent les globules. Les IgIV représentent
le meilleur traitement pour les enfants qui manquent d’anticorps
à cause d’une déficience de leur système
immunitaire. Cependant, par des mécanismes toujours peu
connus et qui peuvent varier d’une situation à une
autre, les IgIV se sont révélées également
utiles dans certains cas de maladies inflammatoires.
Elles
sont administrées par perfusion intraveineuse et représentent
en général une thérapie sure. Grâce
aux techniques de préparation et aux contrôles effectués
à toutes les étapes de purification, les IgIV ne
peuvent transmettre ni le VIH, ni l’hépatite, ni
aucun de la plupart des autres virus connus. Mais en France, la
législation en vigueur impose que tout patient recevant
des IgIV (ou les parents des enfants traités) reçoivent
un document d’information sur les risques encourus par un
traitement fabriqué à partir de dérivés
du sang.
Les
effets secondaires sont rares et se manifestent par des réactions
anaphylactiques (allergiques), des douleurs musculaires, de la
fièvre et des maux de tête pendant la transfusion
ainsi que des maux de tête et des vomissements (dus à
une irritation méningée) à peu près
24 heures après la transfusion . Ces effets secondaires
disparaissent spontanément sans séquelles.
L’indication
aux IgIV se pose essentiellement pour traiter la maladie de Kawasaki
au début, et a en général peu d’intérêt
dans les autres maladies inflammatoires et auto-immunes de l’enfant.
De plus leur coût est très élevé, et
leur indication ne doit être réservée qu’à
des situations bien particulières discutées au cas
par cas.
2-
Les agents anti-TNF
Le
TNF (Tumor Necrosis Factor) est une molécule qui joue un
rôle central dans le processus inflammatoire. Grâce
à la biotechnologie moderne, différents types de
médications qui inhibent les TNF de manière sélective
ont été produits.
Ces
médications sont représentées d'une part
par des médicaments qui bloquent le TNF par l’intermédiaire
de leur récepteur (étanercept, Enbrel®) et par
des anticorps contre le TNF (infliximab, Remicade® et adalimubab,
Humira®), d'autre part,
L'étanercept
est administré par injection sous-cutanée. Les patients
ainsi que des membres de la famille peuvent apprendre à
faire eux même ces injections (tout comme c'est le cas pour
les diabétiques). Une application préalable de pommade
EMLA rend l’injection moins douloureuse. Il peut y avoir
des réactions cutanées locales (points rouges, démangeaisons,
gonflements) au point d'injection mais ces réactions ne
durent en général pas très longtemps et sont
de faible intensité.
L’Infliximab est administré par voie intraveineuse
en milieu hospitalier. Des réactions allergiques peuvent
arriver pendant la transfusion; cela peut aller de réactions
légères (sensation d’oppression, irritations
cutanées, démangeaisons) qui sont facilement traitées,
à des réactions allergiques plus graves avec de
l'hypotension (diminution de la pression artérielle) et
un risque pour le patient de se retrouver en état de choc.
Ces réactions allergiques sont plus fréquentes après
les premières perfusions; elles sont dues à une
réaction immunitaire de l’organisme contre une partie
de la molécule d’infliximab qui provient de souris.
S'il y a une réaction allergique, le médicament
doit être définitivement arrêté.
L’adalimubab est identique à l’infliximab mais
la molécule ne provient pas de souris. L'adalimubab est
administré par injection sous-cutanée tous les 15
jours.
En
France, seul l’étanercept a reçu une AMM (Autorisation
de Mise sur le Marché) chez l’enfnat. Les deux autres
anti TNF sont actuellement évalué dans deux études
internationales pour mieux préciser leur efficacité
et leur tolérance dans les AJI.
Tous
ces médicaments ont un puissant effet anti-inflammatoire
qui persiste tant qu'ils sont donnés. Le principal effet
secondaire est une plus grande fragilité aux infections,
et plus spécialement à la tuberculose. La mise en
évidence d'infections graves impose l'arrêt du traitement.
Dans de rares cas, un lien a été établi entre
le traitement par agents anti-TNF et le développement de
certaines maladies auto-immunes comme une maladie ressemblant
au lupus. Jusqu'à présent, il n'a pas été
prouvé que le traitement augmente chez les patients les
risques de développer un cancer. Comme l'utilisation des
inhibiteurs du TNF est récente, on manque de données
fiables sur le long terme.
3-
Autres agents biologiques
Le
terme "agents biologiques" est souvent utilisé
pour faire référence à ces thérapies
car elles sont produites par des technologies biologiques (comme
les manipulations génétiques).
D'autres
agents sont en cours d’évaluation chez l’enfant.
Parmi ceux ci, on peut citer les inhibiteurs de l’IL-1 (IL1ra,
ou anakinra ou Kineret®) et un anticorps anti recepteur de
l’IL-6. Ils sont utilisés dans le traitement des
maladies rhumatismales chez l'adulte et de manière expérimentale
chez l'enfant.
Tous
les agents biologiques coûtent très cher.

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