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FIÈVRES
RÉCURRENTES EN RAPPORT AVEC UNE ANOMALIE GÉNÉTIQUE
Introduction
Des progrès récents ont permis de montrer récemment
que certaines maladies fébriles sont associées à
une anomalie génétique. Souvent, d’autres
membres de la famille peuvent aussi souffrir d’une fièvre
récurrente.
Que
signifie anomalie génétique ?
Cela signifie qu’un gène a été modifié
par un accident appelé « mutation ». Cette
mutation modifie la fonction du gène qui donne de fausses
informations à l’organisme induisant ainsi la maladie.
Dans chaque cellule du corps, il y a deux copies de chaque gène.
Une copie est héritée de la mère l’autre
du père. La mutation peut être
a) présente chez les 2 parents. La transmission est de
2 types :
– récessive : cela signifie que les deux parents
sont porteurs de la mutation, seulement sur un de leurs deux gènes.
Ils ne sont pas malades car la maladie ne survient que si les
deux gènes sont affectés. Le risque pour un enfant
d’hériter de la mutation de chacun des parents est
de un sur quatre.
– Dominante : cela signifie qu’une seule mutation
est suffisante pour induire la maladie. Dans ce cas, un des parents
est malade, et le risque de transmission à l’enfant
est de un sur deux.
b) absente chez les parents . L’accident survient lors de
la conception. Cela s’appelle « mutation de novo ».
Il n’y a théoriquement pas de risque pour un autre
enfant (pas plus que la probabilité générale),
mais les descendants de l’enfant atteint ont le même
risque qu’une mutation dominante, c’est à dire
que l’enfant de cet enfant a un risque sur deux d’être
atteint.
Fièvres
récurrentes héréditaires
A)
Fièvre méditerranéenne familiale ou maladie
périodique (lien)
B)
Fièvre hibernienne familiale ou TNF Receptor Associated
Periodic Syndrome (TRAPS)
De
quoi s'agit il ?
Le TRAPS est un syndrome de transmission dominante associant des
accès fébriles récurrents durant habituellement
2 à 3 semaines accompagnés de troubles digestifs,
d'éruptions cutanées érythémateuses
et douloureuses, de myalgies (douleurs musculaires) et d'œdèmes
périorbitaires (autour des yeux). La reconnaissance et
la compréhension de cette maladie sont récentes.
L'évolution du TRAPS est plutôt bénigne et
d'amélioration est spontanée bien que 14% des patients
développent une complication rénale sévère
appelée amylose.
Quelle
en est la fréquence ?
Le TRAPS est considéré comme une pathologie rare
avec moins de 100 cas avérés bien que sa prévalence
ne soit pas connue réellement. Les garçons et les
filles sont touchés également et le début
semble survenir durant la grande enfance et l'âge adulte.
Initialement cinq cas avaient été rapportés
chez des patients irlandais et écossais. Des cas ont été
aussi rapportés dans d'autres populations: français,
italiens, juifs séfarades et ashkénazes, arméniens,
arabes et kabyles du Maghreb.
Les saisons et le climat n'ont pas montré d'influence sur
le cours de la maladie qui évolue avec des poussées
imprévisibles tout au long de la vie.
Quelle
est la cause de cette pathologie?
Le TRAPS est due à une anomalie héréditaire
d'une protéine (appelée Tumor Necrosis Factor Receptor)
induisant une augmentation de la réponse inflammatoire.
Une hormone inflammatoire appelée Tumor Necrosis Factor
TNF est surexprimée car elle n'est pas contrôlée
par le TNFR qui normalement se lie à elle et limite l'ampleur
de la réponse inflammatoire.
Cette anomalie explique les symptômes ressentis par les
patients: fièvre, frissons et douleurs. Infection, traumatisme
et stress psychologique peuvent induire les poussées. La
relation entre amylose et TRAPS est probablement reliée
à l'inflammation chronique et à des facteurs génétiques.
Quel
est le mode de transmission ?
Le TRAPS est transmis sur le mode dominant expliquant que plus
d'un cas puissent être observés dans une même
famille, pour chaque génération.
Le gène responsable de TRAPS a été localisé
sur le chromosome 12 (région 12p13).
Les mutations sur ce gène induisent un récepteur
au TNF anormal qui n'est pas libéré convenablement
durant la réponse inflammatoire impliquant le TNF. Jusqu'à
présent 33 mutations différentes ont été
identifiées au niveau de ce gène.
Pourquoi
mon enfant est il atteint par cette maladie ? peut on la prévenir
?
L'enfant a hérité de cette maladie par l'intermédiaire
d'un de ses parents porteur d'une des mutations du gène
du récepteur du TNF à moins qu'il s'agisse d'une
mutation "de novo".
La personne porteuse de la mutation peut (ou peut ne pas) présenter
les symptômes cliniques du TRAPS. La maladie ne peut être
actuellement prévenue.
Est
ce contagieux?
TRAPS n'est pas une maladie infectieuse. Seuls les sujets atteints
génétiquement développent la maladie.
Quels
sont les symptômes principaux?
Les principaux symptômes sont des pics fébriles durant
typiquement 2 à 3 semaines associés à des
frissons et d’importantes douleurs musculaires touchant
le tronc et les membres supérieures. L’éruption
caractéristique est érythémateuse et douloureuse
correspondant à des localisations inflammatoires de la
peau et des muscles.
Les patients décrivent une sensation profonde de crampes
musculaires douloureuses au début des poussées qui
augmente progressivement en intensité et se déplace
sur d’autres parties des membres (migration distale), suivie
d’un rash cutané. Des douleurs abdominales diffuses
avec nausées et vomissements sont habituels. Une conjonctivite
et/ou des œdèmes périorbitaires sont caractéristiques
du TRAPS cependant ces symptômes peuvent s’observer
dans d’autres maladies telles que l’allergie.
Au-delà de ces principaux signes, l’expression clinique
de TRAPS peut être variable avec des poussées plus
ou moins longues. Des douleurs thoraciques sont aussi rapportées,
dues à des inflammations de la plèvre et/ou du péricarde.
L’amylose est la complication la plus sévère
du TRAPS, survenant dans une minorité de cas. Elle se manifeste
par l’apparition de taux importants de protéines
dans les urines qui évoluent ensuite vers une insuffisance
rénale.
La maladie est elle la même chez chaque enfant ?
La présentation de TRAPS varie d’un patient à
l’autre particulièrement en ce qui concerne la durée
des poussées et la période intercritique. L’association
des principaux symptômes est aussi variable. Ces différences
peuvent s’expliquer en partie par des facteurs génétiques.
Comment
fait on le diagnostic ?
Un praticien spécialisé suspecte un TRAPS sur la
base de symptômes cliniques et sur l’histoire familiale.
Différents prélèvements sanguins sont nécessaires
pour mettre en évidence le syndrome inflammatoire durant
les poussées. Le diagnostic est confirmé uniquement
sur les analyses génétiques qui mettent en évidence
les mutations.
Les diagnostics différentiels sont des situations avec
d’autres fièvres récurrentes en particuliers
la fièvre Méditerranéenne Familiale et le
syndrome hyperIgD.
Quels
sont les traitements ?
A ce jour, il n’y a pas de traitement permettant de prévenir
ou guérir la maladie. Les anti-inflammatoires sont un traitement
symptomatique des poussées inflammatoires. De fortes doses
de corticoides sont souvent efficaces mais leur utilisation régulière
peut entraîner de sérieux effets indésirables.
Certains anti TNF comme l’etanercept ont montré une
efficacité thérapeutique chez quelques patients
lorsqu’ils étaient donnés au début
d’une poussée.
Quelle
est la durée des traitements ?
La durée du traitement est limitée à la période
des signes aigus, aucun médicament n’ayant d’efficacité
préventive sur les poussées.
Quelle
est la durée de la maladie ?
L’histoire naturelle de TRAPS se caractérise par
des poussées irrégulières et répétées
tout au long de la vie.
Quel
est le pronostic à long terme des TRAPS ?
Les pronostics les plus sévères n’affectent
qu’une minorité de patients, avec un risque accru
d’amylose secondaire. Ce risque est difficile à déterminer
parce qu’il dépend à la fois des facteurs
génétiques et environnementaux. L’amylose
est une complication sévère et évolue fréquemment
vers l’insuffisance rénale.
A ce jour, personne ne peut dire si cette complication peut être
évitée.
Est
il possible de guérir complètement ?
Cette possibilité n’est pas connue mais ne peut être
exclue. En effet, les modifications génétiques de
la structure du TNFR n’induisent pas systématiquement
d’anomalies fonctionnelles. De plus, une éventuelle
interruption de l’exposition à un agent potentiellement
favorisant peut induire une rémission durable.
Mevalonate
kinase Associated Periodic fever Syndrome (MAPS) (aussi appelé
syndrome hyper IgD, HIDS)
De
quoi s’agit il ?
Le Mévalonate kinase Associated Periodic fever Syndrome
(MAPS) est une fièvre périodique héréditaire.
Les patients souffrent de poussées inflammatoires répétées
avec des pics fébriles, des éruptions cutanées,
un œdème des ganglions lymphatiques cervicaux, des
vomissements, des douleurs abdominales et de la diarrhée.
La forme la plus sévère de MAPS est une maladie
exceptionnelle présente à la naissance connue sous
le nom d’acidurie mévalonique.
Les patients avec cette forme souffrent d’accès fébriles
sévères, d’un trouble de la croissance et
de troubles neurologiques. La forme la moins agressive de MAPS
dont il est question ici est connue comme Hyper IgD et periodic
fever Syndrome (HIDS). Le nom est en rapport avec le taux élevé
d’une protéine appelée IgD dans le sang de
la majorité des patients affectés.
Quelle
en est la fréquence ?
MAPS est une maladie rare. Environ 200 cas ont été
rapporté dans le monde. La plupart sont atteints de la
forme la plus modérée (HIDS). Cette forme est plus
fréquente en Europe de l’Ouest, particulièrement
en Hollande et en France.
Par ailleurs, MAPS a été décrit dans toutes
les ethnies. Garçons et filles sont également atteints.
Les symptômes débutent très tôt dans
la petite enfance, le plus souvent dans la première année
de vie.
Quelles
sont les causes de cette pathologie?
MAPS fait partie des erreurs innées du métabolisme.
La cause est génétique. Le gène affecté
s’appelle MVK. Chaque gène contient les informations
pour la fabrication d’une protéine spécifique.
MVK contient les informations pour la protéine mévalonate
kinase. Mevalonate kinase est une enzyme, c'est à dire
une protéine qui permet les réactions chimiques
de l’organisme. Dans ce cas, elle permet la transformation
de mévalonate en phosphomévalonate. C’est
une étape importante dans la production de molécules
indispensables pour notre organisme. Un exemple bien connu de
ces molécules est le cholestérol.
Les déficiences enzymatiques d’origine génétique
affectent des fonctions métaboliques de notre organisme
et des maladies telles que MAPS font donc partie des erreurs innées
du métabolisme. La sévérité de la
maladie est liée à l’importance du déficit
en mévalonate kinase. Dans la forme la plus modérée
(HIDS) l’activité enzymatique est de 1 à 10%
de la normale.
MAPS est une maladie auto-inflammatoire. Malgré des recherches
continues, nous ne pouvons expliquer comment le déficit
en mévalonate kinase induit de la fièvre et une
inflammation. Durant les accès, il existe un syndrome inflammatoire
généralisé; l’organisme se comportant
comme s’il se défendait contre une infection sévère.
Ceci se caractérise par de la fièvre, une perte
d’appétit et un malaise ainsi que par une élévation
des globules blancs, de la vitesse de sédimentation et
de la C-Reactive Protéine (CRP) dans le sang. Il n’y
a pas d’infection expliquant cette inflammation, MAPS fait
partie des maladies auto-inflammatoires.
Il n’y a pas d’explication sur le fait que l’anomalie
génétique présente de façon permanente
puisse se manifester uniquement par des accès fébriles
intermittents. Les accès fébriles peuvent survenir
spontanément ou être provoqués par un stress,
une émotion, une infection bénigne, et plus typiquement
par les vaccinations.
Les femmes peuvent avoir des accès déclenchés
par le cycle menstruel. Durant la grossesse, la symptomatologie
est moins importante.
Quel
est le mode de transmission ?
Comme la plupart des gènes humains, deux copies de MVK
sont présentes dans chaque cellule de l’organisme.
Une copie est héritée de la mère l’autre
du père. La fièvre périodique ne survient
que quand les deux gènes sont mutés.
Il s'agit d'une transmission autosomique récessive. Le
père et la mère sont chacun porteur du gène
muté. Etant donné qu'ils ont une copie normale du
gène, ils sont sains. Un couple de porteurs sains peut
transmettre le gène anormal à leurs enfants.
Chaque enfant a un risque de 50% d'être porteur sain et
25% d'être malade.
Si une personne trouve un partenaire porteur du gène muté,
ses enfants seront porteurs sains. Le risque que 2 personnes d'un
couple soient porteurs du gène anormal augmente en cas
de consanguinité.
Est ce contagieux?
Non, le MAPS n'est pas contagieux.
Quels sont les symptômes principaux?
Des accès fébriles, durant 3 à 7 jours se
répétant toutes les 2 à 12 semaines. Les
accès surviennent brutalement, souvent avec des frissons,
une pâleur, voire même une cyanose des extrémités
et des lèvres et parfois des convulsions fébriles.
Des céphalées, des douleurs abdominales, une perte
d'appétit et un malaise sont habituels. La plupart des
patients ont des nausées, des vomissements et/ou de la
diarrhée.
Des éruptions cutanées, des ulcères buccaux
douloureux et des douleurs articulaires peuvent survenir mais
l'élément le plus marquant est un gonflement des
ganglions cervicaux (ou d'autres aires ganglionnaires).
La
maladie est elle la même chez chaque enfant ?
Selon la mutation, la maladie peut être modérée
(HIDS) ou sévère (Acidurie mévalonique).
A l'intérieur d'une même famille, la sévérité
diffère quelque peu selon les membres atteints.
Comment
fait on le diagnostic ?
La maladie est suspectée sur un tableau clinique.
Même si ce syndrome s'appelle « syndrome Hyper IgD
», le taux des IgD peuvent être normale, particulièrement
chez les jeunes enfants.
Le diagnostic peut être suspecté sur un échantillon
d'urine prélevé lors d'un accès fébrile.
Dans le cas pathologique, la chromatographie montre un taux élevé
d'acide mévalonique. Ceci amènera à la réalisation
d'un test sanguin pour mesurer l'activité de la mévalonate
kinase sur les cellules sanguines. Dans un cadre de recherche
une étude génétique peut être réalisée.
Quelles
est l'importance des tests biologiques?
Les examens de laboratoire montrent une élévation
des marqueurs sanguins de l'inflammation (tels que la vitesse
de sédimentation et la C-reactive protéine) durant
les accès. Le taux sérique des IgD (une immunoglobuline
circulante) est souvent élevé malgré qu'il
puisse être normal au début de la maladie.
Peut
on le traiter ou en guérir ?
MAPS ne peut être guéri. Il n'y a pas de traitement
efficace pour prévenir les accès. La recherche fait
beaucoup pour trouver un traitement efficace et bien toléré.
Quels
sont les traitements ?
Certains patients sont améliorés par les AINS ou
la prednisone. Les effets des anti TNF et des hypocholesterolémiants
sont en cours d'évaluation.
Quelle
est la durée de la maladie ?
MAPS est une maladie qui dure tout au long de la vie
Quel
est le pronostic à long terme des MAPS ?
La forme la moins sévère (HIDS) tend à s'atténuer
avec l'âge chez beaucoup de patients. D'autres peuvent développer
des arthrites, mais HIDS n'évolue pas vers des complications
irréversibles.
Syndrome
« Chronique Inflammatoire Neurologique Cutané et
Articulaire » (CINCA), et pathologies associées
De
quoi s'agit il ?
Le syndrome « Chronique Inflammatoire Neurologique Cutané
et Articulaire » (CINCA), (aussi appelé Néonatal
Onset Multisystemic Disease (NOMID) en Amérique du Nord),
est une syndrome fébrile récurrent héréditaire
rare.
Le symptôme le plus fréquent est une éruption
cutanée dés la naissance ou constatée dés
les premières semaines de vie. Le nom CINCA signifie que
la maladie est présente chez des enfants ayant des manifestations
neurologiques telles qu'une méningite chronique et une
atteinte articulaire.
Deux autres maladies qui sont diagnostiquées plus tard
dans la vie, appelées syndrome de Muckle-Wells (SMW) et
l’urticaire familiale au froid sont proches de ce syndrome
par le fait qu’une cause génétique a été
mise en évidence sur le même gène.
Quelle
en est la fréquence ?
Le CINCA est pathologie très rare. Moins de cent malades
ont été rapportés dans le monde.
Cette maladie se manifeste par une éruption cutanée
présente à la naissance dans la plupart des cas.
Il survient à part égale chez les garçons
et les filles. Il est décrit dans toutes les populations,
caucasienne, noire et asiatique. Il n’y a pas d’influence
saisonnière.
Quelles
sont les causes de cette pathologie?
La cause du CINCA est génétique. Dans la moitié
des cas, une mutation peut être retrouvée dans un
gène appelé CIAS 1. CIAS 1 signifie Cryopyrin Inflammatory
Associated Syndrome 1. Ce gène est localisé sur
le chromosome 1. Il contient des informations pour une protéine
appelée « Cryopyrin ». La modification du gène
est responsable d’une perturbation de la réponse
inflammatoire de l’organisme. Mais le mécanisme exact
de cette perturbation n’est pas encore connu. Aucun facteur
déclenchant n’est identifié dans les poussées
de CINCA.
Quel
est le mode de transmission ?
Le plus souvent, il n’y a pas d’autres membres de
la famille atteints. Dans le CINCA, le gène est endommagé
lors de la conception de l’enfant. Cela s’appelle
une mutation de novo. S’il n’existe pas de mutation
chez les parents, il n’y a pas plus de risque que le risque
théorique d’avoir un autre enfant atteint de CINCA.
A l’inverse, quand un malade arrivé à l’âge
adulte projette d’avoir des enfants, le risque est 50% d’avoir
un enfant atteint de CINCA. Dans les cas où aucune mutation
n’est trouvée, le risque génétique
doit être considéré de la même manière.
Pourquoi
mon enfant est il atteint par cette maladie ? peut on la prévenir
?
Le CINCA étant une maladie génétique, l’enfant
né avec le CINCA aura cette maladie tout au long de sa
vie. Si les parents d’un patient atteint désirent
un autre enfant, une consultation génétique est
recommandée. Enfin, le diagnostic anténatal ne se
justifie que si la mutation a été identifiée
chez l’un des parents. Jusqu’à présent,
il n’y a aucune possibilité de détecter un
CINCA durant la grossesse par l'échographie.
Est ce contagieux ?
Non le CINCA n’est as contagieux.
Quels
sont les principaux symptômes ?
A la naissance, la moitié des bébés sont
prématurés. Ils ont souvent des suspicions d’infections
mais aucun germe n’est retrouvé. Le premier symptôme
est une éruption qui ressemble à une urticaire sans
démangeaison. Elle varie d’intensité dans
la journée. Le second symptôme survient au niveau
articulaire. La douleur est fréquente. Parfois un œdème
transitoire peut être observé, sans qu’il y
ait de déformation articulaire. Dans des cas sévères
(moins de 50%), une accélération de la croissance
du cartilage de croissance ou de l’épiphyse (extrémité
des os) ou de la rotule est présente entraînant une
déformation articulaire. Ceci entraîne des anomalies
radiologiques.
Des céphalées chroniques sont en rapport avec l’inflammation
méningée chronique. Il y a souvent une augmentation
lente du périmètre crânien. Chez certains
enfants, il y a un retard de fermeture de la fontanelle antérieure.
L’augmentation de la pression intra crânienne est
probablement responsable des maux de tête. Des anomalies
oculaires surviennent par la suite avec le temps. Une baisse de
l’acuité visuelle due à une inflammation chronique
et un œdème papillaire peut apparaître chez
certains enfants. Le risque de cécité (à
des degrés variables) existe.
Il existe un retard de croissance progressif. Chez certains enfants,
les mains apparaissent courtes et trapues et il peut exister un
élargissement des extrémités des doigts et
des orteils.
Cette
maladie est elle la même chez chaque enfant ?
Non, l’atteinte peut varier entre des formes modérées
et des atteintes très sévères. Environ 10%
des enfants n’ont pas d’inflammation méningée.
Moins de 50% ont une atteinte articulaire sévère.
Comment
fait on le diagnostic ?
Le CINCA est suspecté sur un tableau clinique et confirmé
par une analyse génétique dans la moitié
des cas. Des anomalies génétiques sont trouvées
dans la moitié des cas. D'autres cas sont probablement
dus à une ou des anomalies génétiques non
encore connues.
Peut
on le traiter ou en guérir ?
Le CINCA ne peut être guéri. Il n’y a pas de
traitement préventif des poussées. Mais un traitement
symptomatique peut réduire l’inflammation et la douleur.
Des recherches récentes ont montré que certains
nouveaux médicaments en cours d’évaluation
pourraient avoir un grand intérêt.
Quels
sont les traitements ?
Les anti-inflammatoires non stéroidiens, les corticoïdes,
les médicaments contre la douleur sont utilisés.
Il n’y a pas de traitement curatif. Des essais avec les
anti TNF tel que l’etanercept ont donné des résultats
controversés.
La kinésithérapie est extrêmement importante
quand une déformation articulaire apparaît. Des attelles
et des postures peuvent être nécessaires.
Un appareillage auditif peut être proposé chez les
enfants présentant une surdité. Chez des enfants
plus grands, lorsqu’il y a une atteinte de l’œil
entraînant une perte de la vision liée à des
dépôts cornéens, une greffe de cornée
a pu être réalisée chez quelques enfants.
Le chirurgien orthopédique doit être intégré
dans la prise en charge pour réduire les déformations
si cela est nécessaire.
Quelle
est la durée de la maladie ?
Le CINCA est une maladie qui dure tout au long de la vie.
Quel
est le pronostic à long terme de la maladie ?
Les enfants avec un CINCA peuvent avoir des troubles de la croissance
durant l’évolution de la maladie. Le pronostic fonctionnel
des CINCA dépend de la sévérité de
l’atteinte articulaire. Le pronostic au long cours dépend
aussi de la sévérité de la méningite
chronique. Quelques rares cas d’évolution fatale
sont en rapport avec l’atteinte cérébrale.
Le
syndrome Muckle-Wells (SMW) et l’Urticaire Familiale au
froid (UFF)
Deux autres maladies, SMW et UFF décrits plus souvent chez
des enfants plus âgés ou chez des adultes, sont liées
à des mutations touchant le même gène. Mais
dans la moitié des cas, il n’y a pas de mutations
dans CIAS1. Des recherches sont en cours dans une dizaine de laboratoires
en 2003, en Europe et en Amérique du Nord.
Dans le UFF, l’exposition au froid induit une poussée.
Au contraire, des cas familiaux sont fréquemment observés
dans le SMW et le UFF. La transmission est autosomique (survient
chez les hommes et les femmes), dominante (un des parents est
atteint).
FIEVRE
RECURRENTES SANS ANOMALIES GENETIQUES CONNUES
Periodic fever with Aphtous Pharyngitis Adenitis (PFAPA)
De
quoi s'agit il ?
PFAPA est l’abréviation de Periodic Fever (fièvre
récurrente), Aphtous stomatitis (aphtose buccale), Pharyngitis
(pharyngite) et cervical Adenitis (adénites cervicales).
Cette maladie se caractérise par des accès récurrents
de fièvre et affecte des enfants avec un début précoce
(2 à 4 ans). Cette maladie a une évolution chronique,
mais est bénigne avec une tendance à l’amélioration
avec le temps. Cette pathologie fut décrite pour la première
fois en 1987 et appelée aussi syndrome de Marschall du
nom du pédiatre qui a décrit le premier cette maladie.
Quelle
en est la fréquence ?
Sa fréquence n’est pas bien connue mais la maladie
apparaît plus fréquente que ce qui est généralement
admis.
Quelles
sont les causes de cette pathologie?
La cause exacte de cette maladie n’est pas connue. Durant
les périodes fébriles, le système immunitaire
qui a pour objectif de nous protéger des agressions d’agents
infectieux est activé. Cette activation entraîne
une réponse inflammatoire avec de la fièvre, de
l’inflammation de la cavité buccale et de la gorge.
Cette inflammation s’éteint d’elle-même
si bien qu’aucun signe inflammatoire n’existe entre
2 épisodes. Il n’y pas d’agents infectieux
durant l’accès.
Est
ce héréditaire ?
Exceptionnellement des cas familiaux ont été décrits
mais aucune cause génétique n’a été
trouvée jusqu’à présent.
Est
ce contagieux ?
Même si un agent infectieux peut jouer un rôle dans
le PFAPA syndrome, il ne s’agit pas d’une maladie
infectieuse et elle n’est pas contagieuse.
Quels
sont les principaux symptômes ?
Le symptôme principal est une fièvre récurrente
accompagnée d’une inflammation de la gorge, d’ulcères
buccaux et/ou d’une augmentation des ganglions lymphatiques
cervicaux. Les épisodes fébriles débutent
brutalement et durent quelques jours, habituellement 3 à
6 jours. Durant ces épisodes, les enfants ont une altération
importante de l’état général et se
plaignent d’au moins un des 3 symptômes mentionnés
ci dessus. Les épisodes fébriles reviennent au bout
de quelques semaines. Chez un même enfant, ils se répètent
de façon très régulière, stéréotypée,
à tel point que les parents peuvent prédirent la
date de survenue de l’accès fébrile. Entre
les épisodes, le patient est asymptomatique et a une activité
normale. Il n’y a pas de conséquence sur le développement
de l’enfant qui entre les épisodes est en parfaite
santé.
La
maladie est elle la même chez chaque enfant ?
Les principaux symptômes décrits ci dessus sont retrouvés
chez tous les enfants atteints. Néanmoins, quelques enfants
peuvent avoir une forme plus modérée de la maladie
ou peuvent présenter des symptômes supplémentaires
tels que : douleur articulaire, douleur abdominales, maux de tête,
vomissement, diarrhée et toux.
Comment
le diagnostiquer ?
Il n’y a pas d’examens complémentaires dont
le résultat soit spécifique du PFAPA. La maladie
est diagnostiquée sur la présentation clinique.
Avant que le diagnostic ne soit confirmé, il est primordial
d’exclure d’autres diagnostics qui se présentent
de la même façon.
Quels
types d’examens ?
La vitesse de sédimentation ou la C-Reactive proteine qui
mesurent l’importance de l’inflammation générale
augmentent au moment des accès. Tout redevient mormal entre
temps.
Peut
on le traiter ou en guérir ?
Il n’y a pas de traitement spécifique du syndrome
PFAPA. Le but du traitement sera de contrôler les symptômes
au moment des accès fébriles. Dans une large proportion
de cas, la maladie disparaîtra avec le temps.
Quels
sont les traitements ?
Les signes répondent généralement peu au
paracétamol ou aux anti-inflammatoires non stéroidiens.
Une dose unique de prednisone, donnée au début des
symptômes a montré une réduction de la durée
des symptômes. Cependant l’intervalle entre les épisodes
peut aussi être réduit avec ce traitement et l’épisode
fébrile suivant être plus précoce que prévu.
Chez certains patients, l’amygdalectomie peut être
envisagée.
Comment
évolue la maladie ?
La maladie dure quelques années. Avec le temps, les périodes
intercritiques augmentent et finalement les symptômes disparaissent
spontanément.
Est
il possible de guérir complètement ?
Sur un long terme, le PFAPA s’atténue de lui-même
habituellement avant l’âge adulte. Les patients atteints
ne développent aucune complication malgré la longue
évolution de la maladie. La croissance et le développement
de ces enfants sont parfaitement normaux.

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