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SYNDROMES DOULOUREUX
1)
Synonymes du syndrome de Fibromyalgie
La
fibromyalgie appartient au groupe des syndromes douloureux musculo-squelettiques
idiopathiques diffus.
Définition
La fibromyalgie se caractérise par des douleurs très
prolongées dans le temps, une sensibilité des muscles
et des tendons associées à une grande fatigue.
Fréquence
La fibromyalgie se manifeste surtout chez l’adulte. Elle
est rarement rapportée chez l’enfant et dans ce cas
plutôt chez l’adolescent.
Les filles sont plus souvent atteintes que les garçons.
Les sujets atteints ont des signes communs avec le syndrome des
douleurs musculo-squelettiques idiopathiques localisées.
Tableau
clinique typique
Les patients se plaignent de douleurs diffuses dans les tissus
profonds. L’intensité de la douleur est subjective.
Elle se manifeste à la fois dans les parties antérieure
et postérieure du corps, dans les membres supérieurs
et inférieurs.
Le sommeil est de mauvaise qualité, les patients se réveillent
le matin fatigués avec le sentiment de ne pas avoir eu
un sommeil réparateur.
Une grande fatigue est un autre signe essentiel de la maladie,
elle s’accompagne d’une baisse des capacités
physiques.
Les patients atteints de fibromyalgie rapportent fréquemment
des symptômes associés multiples tels que des maux
de tête, des sensations de gonflement des membres (qui sont
normaux) ou d’engourdissement.
Ces symptômes sont source d’anxiété,
de dépression et d’un absentéisme scolaire
élevé.
Diagnostic
Une histoire de douleurs généralisées touchant
les quatre quadrants du corps, durant depuis plus de trois mois
et associées à une douleur anormale à la
pression d’au moins 11 des 18 points sensibles conduit au
diagnostic.
Les points sensibles sont cliniquement décelables à
la pression du pouce. Celle-ci peut également être
reliée à un dolorimètre, appareil spécial
pour mesurer la douleur.
Traitement
Un élément important est d’arriver à
diminuer l’anxiété des patients en expliquant
à l’enfant et à sa famille que bien que la
douleur soit intense et réelle, il n’y a pas d’atteinte
articulaire ou physique grave.
Le traitement nécessite une approche multidisciplinaire
(une prise en charge conjointe par des spécialistes différents)
et s’oriente dans trois directions :
- Le plus important est de mettre en place un programme progressif
d’entraînement physique cardiovasculaire, le meilleur
exercice étant la natation.
- Ceci est associé à un soutien psychologique par
une thérapie comportementale individuelle ou en groupe.
- Enfin quelques patients peuvent relever d’un traitement
médicamenteux pour améliorer leur sommeil. Un oreiller
spécial maintenant le cou pendant la nuit peut également
être un adjuvant utile.
Devenir
Il n’est pas facile de se remettre d’une maladie qui
demande beaucoup d’efforts au patient et un investissement
familial important. Habituellement le pronostic est bien meilleur
chez l’enfant que chez l’adulte et la plupart d’entre
eux récupèrent totalement. La poursuite régulière
du programme de réadaptation à l’effort physique
est l’élément le plus important pour la guérison.
2) Syndrome de douleurs musculo-squelettiques idiopathiques localisées.
Synonymes
Dystrophie sympathique réflexe, Syndrome Douloureux Régional
Complexe, algodystrophie
Définition
Douleur très sévère d’un membre, de
cause inconnue, fréquemment associée à des
modifications de la peau en regard.
Fréquence
Il ‘existe pas de données fiables sur sa fréquence
; on sait néanmoins qu’elle survient plus volontiers
chez l’adolescent (vers l’âge de 12 ans) et
chez les filles.
Signes
principaux
Souvent il s’agit de l’histoire d’une douleur
très sévère d’un membre d’un
seul côté ne répondant pas aux différents
traitements qui ont pu être proposés et qui va en
s’aggravant avec le temps. Fréquemment l’enfant
se présente avec l’impossibilité de se servir
de son membre. L’effleurement cutané qui est indolore
chez un sujet normal déclenche une très violente
douleur appelée allodynie.
L’association de ces symptômes perturbe les activités
quotidiennes des enfants atteints et est source d’un fort
absentéisme scolaire.
Un certain nombre d’enfants présentent au fil du
temps au niveau de la zone douloureuse des modifications locales
de la couleur de la peau: pâleur prononcée ou à
l’inverse aspect violacé un peu marbré, diminution
de la chaleur locale et/ou apparition d’une sudation anormale.
Parfois les enfants gardent leur membre précautionneusement
dans une position anormale refusant toute mobilisation spontanée.
Diagnostic
Jusqu’à ces dernières années ces syndromes
étaient nommés de différentes façons
tout en considérant que si leur origine était inconnue
leur traitement était le même. Actuellement la tendance
est de les rassembler sous le même « chapeau »
des syndromes musculo-squelettiques douloureux localisés.
Une série de critères en permet le diagnostic.
Celui-ci est clinique, basé sur les caractères de
la douleur (sévère, prolongée, limitant l’activité,
insensible aux traitements, présence d’une allodynie)
et les données de l’examen de l’enfant.
La description de la douleur et les constatations de l’examen
est assez caractéristique. Le diagnostic nécessite
d’abord d’écarter d’autres maladies qui
le plus souvent ont déjà été éliminées
avant que l’enfant ne soit vu par un rhumato-pédiatre.
Les examens de laboratoire sont normaux. La radiographie montre
après quelques semaines une décalcification locale,
et la scintigraphie osseuse une diminution importante de la prise
du traceur radioactif, plus rarement une augmentation.
Traitement
L’approche qui fonctionne le mieux est la mise en route
d’un programme précis de rééducation
fonctionnelle par un kinésithérapeute associée
à une psychothérapie en coordination avec le médecin.
Un problème psychologique est souvent un facteur favorisanr
l’algodystrophie. Ce traitement est assez lourd pour toutes
les personnes concernées : l’enfant, la famille et
les soignants.
Devenir
Cette maladie a un bien meilleur pronostic chez l’enfant
que chez l’adulte. Pratiquement tous les enfants en guérissent.
Mode
de vie
Les enfants doivent absolument retrouver une activité physique
normale, retourner à l’école et avoir une
vie sociale conforme à leur âge.
3)
Erythromélalgie
Appelée
également Erythermalgie. Cette maladie est désignée
par ses trois racines grecques Erythros (rouge) Melos (membre)
et Algos (douleur). Extrêmement rare, c’est un problème
dont la prise en charge est particulièrement difficile.
La maladie débute vers l’âge de 10 ans et est
plus fréquente chez les filles. Elle se traduit par une
sensation de brûlure atroce au niveau des mains et/ou des
pieds avec augmentation de la chaleur, rougeur et gonflement.
Les symptômes s’aggravent à l’exposition
à la chaleur et sont soulagés par le refroidissement,
à tel point que les enfants ne veulent plus retirer leurs
mains ou leurs pieds de l’eau glacée. L’évolution
se fait vers la persistance des symptômes. Eviter la chaleur
et l’exercice physique intense semble les mesures thérapeutiques
préventives les plus utiles. Les traitement anti-douleurs
ne sont souvent pas efficaces chez l’enfant, contrairement
à l’adulte. Les vasodilatateurs sont parfois utiles.
4)
Douleurs de croissance
Définition
Les douleurs de croissance sont un syndrome bénin qui se
rapporte à des douleurs stéréotypées
des membres inférieurs survenant le plus souvent chez l’enfant
de moins de 10 ans.
Fréquence
Les douleurs des membres inférieurs font partie des motifs
de consultation les plus fréquents chez les spécialistes
en Pédiatrie et parmi elles les douleurs de croissance
sont les plus nombreuses. 10 à 20% des enfants feront un
jour ou l’autre l’expérience des douleurs de
croissance principalement entre l’âge 3 et 12 ans.
Filles et garçons sont affectés de la même
manière.
Principaux
symptômes
La douleur survient le plus souvent dans les jambes (cutanée,
aux mollets, derrière les genoux ou les cuisses) et est
le plus souvent bilatérale.
Elle survient en fin de journée ou la nuit réveillant
l’enfant parfois à la suite d’une activité
physique plus intense que d’habitude.
Elle dure habituellement de 10 à 30 minutes mais parfois
quelques minutes ou plusieurs heures.
Son intensité peut être très modérée
ou au contraire très sévère.
Les douleurs de croissance ne sont pas permanentes, il existe
toujours des intervalles libres de douleur de quelques jours à
plusieurs mois. Parfois elles peuvent être quotidiennes.
Diagnostic
Les manifestations caractéristiques de la douleur combinées
à l’examen physique normal de l’enfant conduisent
au diagnostic. Il n’y a pas besoin de radiographies ou d’examens
de laboratoire ils sont toujours normaux.
Traitement
Expliquer le caractère bénin de ces manifestations
diminue l’anxiété de l’enfant et de
sa famille. Au cours des épisodes douloureux des massages
et des antalgiques simples sont parfois utiles. Chez des enfants
présentant des épisodes très fréquents
une dose vespérale d’Ibuprofène peut diminuer
ou prévenir la douleur.
Devenir
Les douleurs de croissance ne sont associées à aucune
maladie organique sérieuse et disparaissent progressivement
chez 100% des enfants au cours de l’enfance.
5)
Syndrome d’hyperlaxité articulaire bénigne
Définition
Le syndrome d’hyperlaxité articulaire bénigne
se rapporte à des douleurs des extrémités
des membres liées à une augmentation de la mobilité
des articulations (amplitude des mouvements) en dehors de toute
maladie congénitale ou acquise du tissu conjonctif. Le
syndrome d’hyperlaxité articulaire bénigne
n’est donc pas une maladie mais plutôt une particularité
individuelle.
Fréquence
Le syndrome d’hyperlaxité articulaire bénigne
est extrêmement banal chez l’enfant, on le retrouve
chez 25 à 50% des enfants de moins de 10 ans. Sa fréquence
décroît ensuite avec l’âge. Une récurrence
familiale est assez commune.
Signes principaux
L’hyperlaxité se présente souvent sous la
forme de douleurs intermittentes, d’un endolorissement profond,
récurrent en fin de journée ou au cours de la nuit
touchant les genoux, les pieds et ou les chevilles. Chez les enfants
qui jouent par exemple du piano ou du violon, les douleurs peuvent
également intéresser les doigts.
L’activité physique déclenche ou majore les
douleurs. On observe très rarement un discret gonflement
de l’articulation.
Diagnostic
Il repose sur une association de critères qui permet de
quantifier l’hyperlaxité articulaire.
Traitement
Un traitement est très rarement nécessaire. Chez
les enfants qui pratiquent des sports avec des impacts répétés
tels le foot-ball ou la gymnastique et chez lesquels surviennent
des entorses à répétition, des étirements
musculaires et des protections articulaires peuvent être
préconisées.
Vie
quotidienne
L’hyperlaxité est très banale et diminue avec
l’âge. Les familles doivent savoir que le risque principal
est d’empêcher leurs enfants d’avoir une vie
normale pour leur âge.
Les enfants doivent être encouragés dans leur désir
d’avoir une activité physique normale y compris dans
la pratique des sports.
6)
Rhume de hanche, Synovite transitoire de hanche, Hanche irritable.
Définition
Il s’agit de l’apparition de liquide dans l’articulation
de la hanche, sans cause décelable et qui guérit
spontanément sans aucune séquelle.
Fréquence
C’est la cause la plus fréquente des douleurs de
hanche en pédiatrie. Elle touche 2 à 3% des enfants
entre 3 et 10 ans . Elle atteint préférentiellement
les garçons dans une proportion de 3 à 4 pour une
fille.
Symptômes
principaux
C’est une douleur de la hanche associée à
une boiterie. La souffrance de l’articulation de la hanche
se manifeste habituellement de façon brutale par une douleur
de l’aine, de la partie haute de la cuisse ou éventuellement
du genou. La situation la plus courante est celle d’un enfant
qui présente une boiterie au réveil ou qui refuse
de marcher.
Diagnostic
L’examen de l’enfant est caractéristique :
une boiterie avec une hanche douloureuse et raide, de mobilité
diminuée. Dans 5% des cas les deux hanches sont atteintes.
(La radiographie est normale et parfois elle n’est pas réalisée.)
Traitement
L’essentiel est le repos (la mise en décharge) de
l’articulation qui doit être proportionnel au degré
de la douleur. Les AINS peuvent contribuer à diminuer la
douleur. Dans les formes sévères une mise en traction
au lit est le traitement de choix.
L’évolution se fait vers la guérison en une
huitaine de jours
Devenir
La récupération complète est la règle
chez 99% des enfants. Il n’est pas exceptionnel que certains
enfants présentent plusieurs épisodes de rhume de
hanche habituellement plus modérés et de plus courte
durée que le premier accès.
7)
Syndrome fémoro-patellaire. Douleur du genou
Introduction
Le syndrome fémoro-patellaire est le plus fréquent
des syndromes de sursollicitation. Ces syndromes sont liés
à un mouvement répété ou à
un exercice physique intensif qui intéresse un endroit
particulier du corps. Ils surviennent plus volontiers chez l’adulte
(tennis ou golf-elbow, syndrome du canal carpien, etc…..)
que chez l’adulte.
Synonymes
Douleur fémoro-patellaire, Chondromalacie de la rotule,
Chondromalacie, Douleur antérieure du genou
Définition
La douleur fémoro-patellaire est une douleur de la partie
antérieure du genou qui apparaît avec les activités
qui augmentent la pression sur l’articulation fémoro-patellaire
(articulation formée par la coiffe du genou, la rotule
et la partie basse de la cuisse ou du fémur).
Quand la douleur s’accompagne d’une modification de
l’aspect interne du cartilage de la rotule on parle de chondromalacie
de la rotule ou de chondromalacie rotulienne.
Fréquence
Très rare avant l’âge de 8 ans , il devient
progressivement plus fréquent chez les adolescents.
Le syndrome fémoro-patellaire est plus fréquent
chez les filles, de même que chez les enfants qui ont des
angulations significatives des genoux en genu valgum (jambes en
X) ou genu varum (jambes arquées) et chez ceux qui ont
des affections de la rotule ( instabilité récurrente
ou mal alignement.
Symptômes
principaux
Le signe caractéristique est la douleur antérieure
du genou qui s’aggrave avec les activités physiques
telle la course, la montée ou la descente des escaliers,
l’accroupissement ou le saut. La douleur est également
exacerbée par la station assise prolongée, jambes
pliées.
Diagnostic
Le diagnostic de syndrome fémoro-patellaire est fait lors
de l’examen clinique d’un enfant en bonne santé.
(Aucune radiographie , aucun examen de laboratoire ne sont nécessaires).
La douleur peut être reproduite en appuyant fermement sur
la rotule ou lors de la contraction contrariée du quadriceps
c'est-à-dire en maintenant la position de la rotule lors
d’une contraction active des muscles de la cuisse.
Traitement.
Le plus souvent aucun traitement n’est nécessaire.
Chez la plupart des enfants qui n’ont ni angulation anormale
du genou ni instabilité rotulienne tout rentre dans l’ordre
spontanément .
Si la douleur gêne la pratique du sport ou l’activité
quotidienne, une rééducation par renforcement du
quadriceps peut être utile. La glace peut soulager la douleur
après le sport.
Vie
quotidienne
Les enfants doivent mener une vie normale. Leur niveau d’activité
physique doit être ajusté au seuil d’apparition
de la douleur. Les enfants très sportifs doivent porter
une attelle qui permet un maintien de la rotule.
8)
Epiphysiolyse de la tête fémorale
Définition
Glissement de cause inconnue de la tête fémorale
sur le cartilage de croissance . Celui-ci est interposé
entre deux zones de tissu osseux et est la partie la plus fragile
d’un os en croissance. Lorsqu’il est minéralisé
il se transforme en tissu osseux et marque la fin d la croissance.
Fréquence
Affection peu fréquente qui touche 3 à 10 enfants
pour 100000. Elle est plus fréquente chez les adolescents,
surtout les garçons . L’obésité est
un facteur de prédisposition.
Signes
principaux
Boiterie et douleur de l’aine majorées par l’activité
physique avec enraidissement progressif de la hanche. La douleur
peut être ressentie dans les deux tiers supérieurs
de la cuisse ou dans son tiers inférieur et augmenter avec
l’activité physique. L’atteinte est bilatérale
chez 15% des enfants.
Diagnostic
L’examen clinique est caractéristique avec une diminution
de la mobilité des amplitudes de la hanche. Le diagnostic
est confirmé par les radiographies du bassin de face et
en grenouille (Lauenstein)
Traitement
Vissage chirurgical pour stabiliser le glissement de la tête
fémorale sur le col.
Devenir
Il dépend de l’importance du glissement de la tête
fémorale au moment du diagnostic et donc du traitement
9)
Ostéochondrites (Ostéonécroses, Nécroses
avasculaires, Ostéochondroses)
Introduction
Le terme « Ostéochondrite » signifie «
mort osseuse ». Il s’applique à un groupe disparate
de maladies de causes inconnues caractérisées par
l’interruption de la vascularisation du noyau d’ossification
primaire ou secondaire des os concernés.
A la naissance , les os sont majoritairement constitués
de cartilage, tissu très mou qui va être remplacé
au fil du temps par un tissu plus minéralisé et
plus résistant : l’os. Ce remplacement débute
dans des endroits spécifiques au sein de chaque os, appelés
« noyaux d’ossification » et s’étend
au fil du temps à l’ensemble de l’os.
Définition
L’ostéochondrite est la conséquence de l’arrêt
de la vascularisation d’un noyau d’ossification primaire
ou secondaire d’un os suivie d’une revascularisation
ultérieure avec reconstitution d’un tissu osseux
de réparation.
La douleur est le symptôme principal de ces maladies.
Le diagnostic est fait par l’imagerie.
Les radiographies standards montrent la séquence évolutive
caractéristique avec la fragmentation du noyau («comme
des îlots au sein du noyau», l’écrasement,
la sclérose (augmentation de la densité osseuse,
l’os apparaît « plus blanc » sur les radiographies)
et fréquemment , réossification (formation osseuse
nouvelle) avec reconstitution du contour osseux.
Bien qu’on puisse penser qu’il s’agit d’une
maladie sérieuse, c’est une affection assez fréquente
chez l’enfant qui à l’exception notable de
l’atteinte de la hanche , a un excellent pronostic. Certaines
ostéochondrites sont tellement fréquentes qu’on
les considère comme une variante du développement
osseux normal ; par exemple la maladie de Sever (du calcaneum)
D’autres ostéchondrites sont parfois inclues dans
les syndromes de sursollicitation : Osgood- Schlatter au niveau
de la partie haute du tibia, Sinding-Larsen-Johansson au niveau
de la rotule)
9.1)
Maladie de Legg-Perthes et Calvé
Définition
Nécrose avasculaire de la tête fémorale (partie
de l’os de la cuisse qui fait partie de l’articulation
de la hanche)
Fréquence
Maladie peu fréquente elle touche 1 enfant sur 10 000.
Elle touche préférentiellement les garçons
(4 à 5 garçons pour une fille ) entre l’âge
de 3 et 12 ans et surtout entre 4 et 9 ans.
Les signes principaux
La plupart des enfants se présentent avec une boiterie
et une douleur de la hanche d’intensité très
variable , parfois nulle.
Le plus souvent une seule hanche est touchée mais dans
10% des cas l’atteinte est bilatérale.
Le
diagnostic
La mobilité de la hanche est diminuée et parfois
douloureuse. La radiographie peut être normale au début
mais plus tard on retrouve la séquence destruction-reconstruction
décrite dans l’introduction. La scintigraphie et
l’IRM permettent un diagnostic plus précoce que la
radiographie sans préparation.
Traitement
Les enfants avec une maladie de Leggs-Perthes et Calvé
doivent toujours être adressés dans un service d’Orthopédie
Pédiatrique. Le traitement dépend de la sévérité
de la maladie. Lorsque l’atteinte est discrète une
simple surveillance peut être indiquée.
Dans les cas les plus sévères, le but du traitement
est de maintenir la tête fémorale en bonne position
dans le cotyle de façon à ce que sa réossification
aboutisse à la récupération de sa forme sphérique.
Ce but peut être atteint par des moyens différents
suivant l’âge de l’enfant : port d’attelles
d’abduction chez les plus petits, chirurgie de recentrage
de la tête fémorale chez les plus grands (ostéotomies
:sections localisées d’os du bassin pour garder la
tête fémorale dans la meilleure position possible)
Devenir
Il varie en fonction du degré de l’atteinte de la
tête fémorale (moins elle est atteinte meilleur est
le pronostic) et de l’âge de l’enfant (plus
favorable en dessous de 6 ans). La durée complète
d’évolution (de la fragmentation du noyau à
la régénération) s’étend sur
12 à 18 mois. Globalement deux hanches sur trois ont un
bon résultat radiographique à long –terme.
Qualité
de vie
Elle dépend du type de traitement. Les enfants sous simple
surveillance doivent éviter les impacts importants sur
la hanche tels que la course ou les sauts ; ils doivent cependant
avoir une vie scolaire normale avec participation à toutes
les activités qui n’impliquent pas un excès
de charge sur la hanche.
9.2)
Maladie de Schlatter –Osgood
C’est la conséquence de traumatismes répétés
du noyau d’ossification de la tubérosité tibiale
antérieure (petite saillie osseuse de la partie supérieure
de la jambe) par le tendon rotulien. Il affecte environ 1% des
adolescents et est nettement plus fréquent chez les sportifs.
La douleur s’aggrave au cours des activités comme
la course, le saut , la montée ou la descente des escaliers
et la position à genoux. Le diagnostic est fait par l’examen
de l’enfant qui montre une sensibilité ou une douleur
caractéristique, parfois accompagnée de gonflement
au niveau de l’insertion du tendon rotulien.
La radiographie peut être normale ou montrer de petits fragments
osseux au niveau de la zone de tubérosité tibiale
antérieure. Le traitement consiste à permettre les
exercices physiques qui ne réveillent pas la douleur ,
l’application locale de glace après le sport et le
repos. La guérison est la règle dans tous les cas.
9.3)
Maladie de Sever
Appelée aussi apophysite du calcanéum c’est
une ostéochondrite de l’apophyse du calcanéum
(l’os du talon) probablement en rapport avec la traction
exercée par le tendon d’Achille.
C’est une des causes les plus fréquentes des douleurs
du talon en pédiatrie. La maladie de Sever est liée
à l’activité sportive et est plus fréquente
chez les garçons. Elle se manifeste habituellement vers
6- 10 ans par une douleur du talon avec parfois une boiterie après
le sport.
Le diagnostic se fait à l’examen avec une douleur
provoquée à la pression du talon. Il n’y a
pas d’autre traitement que d’ajuster le degré
d’activité physique à l’absence de douleur
et éventuellement de prescrire une semelle évitant
l’appui du talon. La guérison est constante.
9-4)
La maladie de Freiberg
C’est une ostéochondrite de la tête du deuxième
métatarsien (os du pied). D’origine probablement
traumatique, c’est une maladie rare qui touche plus volontiers
les filles. La douleur s’accroît avec l’exercice
physique.
L’examen montre une sensibilité sous la tête
du second métatarsien et parfois un gonflement. Le diagnostic
est confirmé par la radiographie en sachant qu’il
peut y avoir un délai de plus de deux semaines entre le
début des symptômes et les signes radiologiques.
Le traitement est fait de repos et d’un coussinet métatarsien.
9-5)
Maladie de Scheuermann
La maladie de Scheuermann ou cyphose juvénile est une apophysite
des corps vertébraux. Elle est plus fréquente chez
les garçons adolescents. La plupart des enfants atteints
se présentent avec une attitude vicieuse avec ou sans douleur
du dos. Celle-ci est en rapport avec l’activité et
peut être soulagée par le repos.
Le diagnostic est évoqué à l’examen
(devant l’angulation du dos) et confirmé par la radiographie.
Pour être considéré comme une maladie de Scheuermann
l’enfant doit avoir des irrégularités des
plateaux vertébraux et un « enfoncement » de
5° sur au moins 3 vertèbres contiguës.
La maladie de Scheuermann ne requière habituellement aucun
autre traitement que d’ajuster l’activité physique
à la douleur, de surveiller l’enfant et dans les
cas graves de prescrire un corset.

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